La Tunisie dispose de 22 clubs et 12 associations. Ce n’est pas énorme pour un pays qui compte plus de 1.200 kilomètres de côtes. Bien entendu, on est en mesure d’en créer plus, mais il faut des moyens financiers, des équipements et, surtout, un minimum de conviction. La plongée exige avant tout une force de caractère et une bonne dose de self contrôle. Le plongeur peut être confronté à des situations difficiles, aussi bien au niveau de ce monde sous-marin incroyable, mais aussi au niveau de son équipement, de son état de santé ou de conditions exogènes inattendues. Il faudrait qu’il sache réagir avec calme et promptitude. Sa vie est alors suspendue, à son attitude, ses réactions,  au développement de la situation qui se présente.

Cela ne veut pas dire que la plongée est dangereuse. Loin de là. Comme toute activité, elle a ses règles, des précautions à prendre et des réflexes que l’on finit par acquérir à la suite d’un apprentissage incontournable auprès de personnes habilitées et conscientes de ce qu’elles font en menant cet enseignement par étapes, conformément à une pédagogie bien établie.

Comme en témoigne le président de la Fédération tunisienne des activités subaquatiques, M. Abdelkrim Boujemaa, la Tunisie est un pays favorable pour la plongée. «Tous ceux qui viennent à la faveur de leurs vacances ou pour participer aux compétitions internationales de plongée sont éblouis par la beauté de nos fonds marins ».

Particularités des fonds tunisiens

Les fonds tunisiens sont, en effet, poissonneux et chaque région a sa particularité de faune et de flore sous marine. Les algues marines, les poulpes, les gorgones multicolores, les gros mérous qui sont en voie de disparition dans d’autres zones méditerranéennes, les langoustes, les murènes et bien d’autres espèces sont là et on apprend à les côtoyer, à les aimer, au point d’apprendre qu’un plongeur n’est pas un chasseur effréné, mais un homme qui respecte un petit poisson, dans l’attente qu’il devienne grand ! On y trouve également une faune sous-marine très variée : les dauphins, les serres, les daurades, les éponges, les anémones, les spirographes, les oursins de différentes couleurs et grosseurs, etc.  animent nos fonds marins.

Les eaux tunisiennes enregistrent l’arrivée de nouvelles espèces avec le réchauffement climatique : les poissons lapins, les barracudas, les poissons perroquets, un nouveau genre  de crabes, dont une espèce particulièrement est devenue, à un certain moment,  envahissante,mais que l’on a adoptée en raison de la valeur qu’elle représente sur le marché international et nouvellement sur le marché national.

La Fédération des activités subaquatiques de Tunisie (Fast) a été créée en 1989 et n’encadrait, au début, que deux clubs de plongée, l’un à Port Kantaoui et l’autre à Tabarka. Au fil des années, cette jeune Fédération a essayé de développer les activités subaquatiques, notamment la plongée sous-marine et de multiplier le nombre des clubs affiliés.

Un sport pour tous

La plongée est donc un sport que tout le monde peut faire. Il faudrait bien entendu être en bonne santé et même les enfants peuvent s’y adonner. Les centres de formation dispensent des cycles réguliers. Chaque année, on peut bénéficier de cet enseignement enrichissant à tous les points de vue.

Selon M. Boujemaa, le nombre de plongeurs étrangers en Tunisie a chuté à moins de 2.000 par an, contre plus de 13.000 au début des années 2000. La fédération, en dépit de ses moyens limités, s’active. Elle a relancé le Festival international de la photo sous-marine, à Tabarka, Coralis qui enregistre régulièrement une forte participation étrangère.

Il faut rappeler, à ce propos, que la ville du Corail a déjà abrité, depuis 1996, et avec un succès remarquable, plusieurs éditions de ce festival, ce qui lui a valu un classement prestigieux avec la cinquième position mondiale.

Des manifestations régionales et nationales

La Fast essaie également de développer ses activités par l’organisation de diverses manifestations régionales et nationales, non seulement dans le domaine de la plongée sous-marine, mais aussi dans d’autres activités, telles que la nage avec palmes, l’apnée, la photographie sous-marine…grâce à un programme très diversifié (championnats, stages, tournois…).

Consciente de l’importance de la sécurité, de la préservation de l’environnement marin, du développement d’un nouveau tourisme et de nouveaux sports, la Fast a mis en place diverses commissions spécialisées, « Environnement et biologie marine», «Médicale », «Nage avec palmes», «Plongée sous-marine», «Audiovisuel», qui œuvrent aussi à renforcer les liens avec les professionnels du secteur.

La Fast bénéficie aussi d’un rayonnement international: membre de la Confédération mondiale des activités subaquatiques «Cmas», elle-même membre du Comité olympique, de l’Unesco et du WWF, la Fast reflète une image positive de la Tunisie au sein de cet organisme international. Veillant à mieux développer cette image, la Fédération a élaboré des contrats de partenariat avec plusieurs organisations internationales, notamment l’Union arabe des activités subaquatiques et de sauvetage, la Fédération italienne de pêche sportive et des activités subaquatiques, la Fédération espagnole des activités subaquatiques, la Fédération algérienne de sauvetage, de secourisme et des activités subaquatiques.

La formation des maîtres-nageurs

Parallèlement à la plongée, la Fédération des activités subaquatiques dispense un programme de formation pour les sauveteurs. La Tunisie enregistre, malheureusement,  tous les ans plus de 550 morts par  noyade. Les noyés sont à :

– 80 % des personnes qui ne savent pas nager.

-20 % des noyés sont des gens qui ne respectent pas les consignes de sécurité.

-90 % sont du sexe masculin.

-50 % des noyés ont moins de 25 ans.

La Fédération tunisienne des activités subaquatiques est la seule structure reconnue dans le monde pour les activités de sauvetage. L’Etat tunisien est le seul à ne pas la reconnaître en tant que telle.

On enregistre tous les ans, un peu partout,  des noyés parmi les… sauveteurs. Ce qui suppose que ces jeunes volontaires ne savent pas très bien nager. Le matériel mis à leur disposition est rudimentaire et la non-reconnaissance de ce métier, en tant que tel, bloque l’embauche de près de cinq mille jeunes qui auraient pu y trouver un emploi.

Les hôtels, les côtes ne sont pas bien couverts,ce qui explique en bonne partie les raisons de ces tragédies.

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