Pas tout à fait claire notre façon de célébrer la République cette année.

Plutôt discrète ? Plutôt réservée ? On le savait déjà. Le temps défile par ici. Comme de partout. Les choses changent. Seule différence : nos générations se passent de moins en moins le mot. Le message de l’indépendance s’est ainsi banalisé. Celui des martyrs n’est plus que discours. Le «jala», la fin du protectorat sont de vieux souvenirs. Que dire de la proclamation de la République ?Que dire de la fin de la monarchie ? Loin. Si loin.

En vérité, il y a plus que cela aujourd’hui.

Il y a que ces dates, ces messages, sont désormais sujets à doute. Objets de révisions, de contestations. Paradoxalement, les mémoires se ravivent, mais pour tout « remettre en cause », tout «reconsidérer».

L’islamisme a inauguré le «cycle» dès janvier 2011. Il a dénoncé la version Bourguibiste de l’Histoire et appelé à «repartir» d’un livre blanc. La thèse ne s’est cependant pas limitée aux religieux. Les nationalistes arabes, une certaine droite «révolutionnaire», historiens et autres intellectuels de gauche la relaient dorénavant.

Ce qui n’est pas clair dans notre célébration de la République, cette année, en découle, plus ou moins.

Bourguiba reste une référence, mais l’islam politique se fait toujours présent. Les Youssefistes, les Baathistes et les Nasseristes repointent du nez. Il n’y a pas que l’amnésie pour refroidir la fête de la République. Il y a que l’État lui-même y contribue. Ce samedi 25 juillet à l’ARP, un communiqué officiel commémorait le 63e anniversaire de la République en «rappelant à ses dictatures» ( !?!?). A la même heure, le président Kais Saïd se recueillait devant les tombes de Salah Ben Youssef et Ahmed Tlili. Pas une parole à l’adresse du fondateur et bâtisseur Bourguiba. Ni en reconnaissance aux martyrs et compagnons de la libération.

Voire, on a consacré un long et somptueux hommage au regretté Béji Caied Essebssi. Quarante-huit heures durant, témoignages, radios, télés n’en avaient que pour lui. Si El Béji en eut bien sûr tout le mérite et l’attrait. Mais soyons francs, la fête de la République n’y a-t-elle plutôt perdu à force de rajout?

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