La pandémie de Covid-19 a-t-elle occulté la grippe saisonnière qui arrive chaque année à l’automne?

On n’en parle pas beaucoup, sinon qu’occasionnellement ; mais un des intervenants sur une chaîne télévisée a eu raison de le rappeler : le Covid-19 est une chose et la grippe saisonnière en est une autre. «Ceux qui sont habitués à se faire vacciner devraient absolument le faire et il est recommandé, poursuit notre interlocuteur, médecin de son état, de faire vacciner également les personnes à risques. C’est-à-dire tout d’abord, ceux qui ont atteint l’âge de 65 ans, les personnes atteintes de maladies respiratoires, cardiovasculaires, neurologiques et neuromusculaires, des problèmes de reins et du foie, des troubles métaboliques ou des troubles de l’immunité et maladies sanguines». Mais ce n’est pas tout, car au vu des conditions exceptionnelles que vivent les pays où sévit le Covid-19, il faudrait aller au-delà de cette population à risque de la grippe saisonnière. Il est conseillé d’élargir le champ vaccinal et vacciner l’entourage des nourrissons de moins de six mois, les personnes séjournant dans un établissement de soins ou dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge, les professionnels de santé, les employés et cadres en contact avec le personnel dans le domaine du tourisme, au niveau de l’accueil, de la prise en charge et de l’hébergement, les femmes enceintes, le personnel des hôpitaux et les crèches, les médecins et toutes les personnes consultantes.

Où trouver les moyens ?

En entendant notre interlocuteur énumérer cette longue liste, une question s’est immédiatement imposée : où trouver les moyens financiers pour mettre en place cette ceinture de sécurité contre la grippe saisonnière, qui risque de compliquer la situation en cas d’atteinte du Covid-19 ?

Bien sûr, force est de constater que ces précautions sont prises par les spécialistes pour éviter qu’une personne atteinte de grippe saisonnière n’attrape le Covid-19 et ce serait une complication fatale.

La grippe saisonnière elle-même n’est pas dénuée de danger. Nombre de personnes, surtout celles dont l’âge dépasse les 65 ans et qui sont sujettes à des pathologies chroniques, représentent une population à risque.

Eviter la ruée

Si les autorités sanitaires du pays sont convaincues de la nécessité de mettre en place cette ceinture de sécurité, il faudrait qu’elles l’expliquent avec beaucoup de pédagogie pour éviter la ruée vers les pharmacies et les centres de soins pour recevoir ce vaccin antigrippal. Bien entendu, à conditions exceptionnelles, mesures exceptionnelles : le nombre de doses à commander sera plus élevé. Et comme tous les pays européens d’où nous vient ce vaccin antigrippal ont déjà décidé de faire vacciner leur population pour prévenir les effets dévastateurs du Covid-19, nous sommes bien tenus de nous y prendre suffisamment à l’avance pour avoir notre lot de vaccins.

Une stratégie à mettre en place

Si nous prenons en compte que le personnel de santé, ainsi que d’autres en contact direct avec une population importante venant de l’étranger ou autochtone, comme celle des milieux du tourisme sont les plus exposés, parce que directement en relation avec d’éventuels porteurs de virus ou ce qui pourrait la favoriser, c’est toute une stratégie à concevoir et des moyens financiers et humains à mobiliser pour terminer l’opération dans les délais imposés.

Le vaccin antigrippal doit précéder l’entrée de l’hiver et le changement saisonnier. En fin de compte, c’est toute une stratégie nationale de vaccination qu’il faut mettre en place contre la prochaine vague de grippe saisonnière dans ce contexte exceptionnel qu’est l’épidémie de Covid-19. Une épidémie qui impose déjà des consultations respectant les mesures barrières (espacement des consultations, isolement des personnes suspectes de Covid-19, aération et nettoyage réguliers des locaux, lavage des mains, port de masque, désinfection des surfaces, limitation du nombre d’accompagnant à une personne, etc.), afin de protéger les professionnels de santé et même les patients afin d’éviter la transmission du virus sur les lieux de vaccination.

«Pour lutter contre le Covid-19, “vaccinons contre la grippe” est le slogan adopté en France et en Europe surtout dans les pays qui sont les plus touchés. Considérant que nos chiffres grimpent dangereusement, n’est-il pas temps de mettre en place une commission d’experts, parallèle à celle qui régit le Covid-19 pour concevoir cette stratégie qui devient par la force des choses incontournable. Il est à noter qu’un très grand nombre de nos sociétés imposent le vaccin antigrippal à leurs personnels. Il faudrait qu’elles continuent à le faire en l’élargissant au reste des membres de la famille de leurs employés, ne serait-ce que pour contribuer à alléger le fardeau de l’Etat qui, nous le savons tous, est au bout du rouleau.

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