… des élèves parcourent des dizaines de kilomètres à pied tous les jours

D’après la Ligue tunisienne des droits de l’Homme à Kairouan, 4.500 élèves font chaque jour 5 km à pied pour aller à leur école. L’absence de moyens de transport, surtout dans les zones rurales reculées, constitue un vrai handicap car, en cours de route, été comme hiver, les jeunes élèves peuvent faire de mauvaises rencontres avec la présence de sangliers, de chiens errants et de délinquants.

D’ailleurs, le 30 janvier 2020, au village de Bir El Wassfen (délégation de Bouhajla), deux jeunes écoliers (une fillette et un garçon) âgés de 10 ans, ont failli être kidnappés par deux contrebandiers, alors qu’ils se rendaient à leur école située à 4 km de chez eux. Le passage à ce moment-là d’ouvriers agricoles leur a sauvé la vie.

En outre, le 3 mars 2020, deux jeunes collégiennes qui se rendaient à pied à leur collège à El Kabbara (délégation de Nasrallah), ont été kidnappées par un délinquant dont le véhicule était sans immatriculation. En route, l’une d’elles a réussi à prendre la fuite, alors il a essayé de violer la deuxième fille qui s’est mise à crier et à pleurer.

Devant son refus de lui céder, il a fini par l’emmener à Sidi Bouzid et par la déposer près d’une station de louage.

Font-ils partie de Kairouan ou de Zaghouan ?

Notons, dans ce contexte, que les élèves de la zone rurale El Gfay (délégation de Sbikha), qui compte 6.000 habitants, vivent depuis 2018 un vrai calvaire puisqu’ils sont privés de transport scolaire et de transport rural. En effet, plus de 100 collégiens et lycéens font chaque jour 6 km à pied pour aller étudier à Ennadhour (gouvernorat de Zaghouan), étant donné l’éloignement des établissements éducatifs de Sbikha-Centre, situés à 25 km. Ainsi, ces élèves, âgés entre 11 et 18 ans, vivant dans une zone limite entre 2 gouvernorats, passent toute la journée à Ennadhour, soit en train d’étudier, soit dans la rue (entre midi et 14h00) avec tout ce que cela représente comme dangers. Leurs parents ont beau contacter les responsables des deux gouvernorats et ceux des sociétés régionales de transport afin de demander la réservation d’un bus pour le transport de leurs enfants, ils n’ont reçu que des promesses jamais tenues. Jusqu’à quand va durer ce calvaire qui pousse certains à quitter l’école?

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