Entre crédulité et charlatanisme.

Par les temps qui courent, avec ce Covid 19 qui force les portes et entre sans frapper, partout, le charlatanisme a trouvé un terrain fertile pour attirer dans ses filets les plus incrédules. Il faudrait s’attendre à plus de vélocité de la part de ceux qui pourront un jour (si leurs plans aboutissent) profiter davantage de cette crédulité qui pousse bien des gens à croire tout ce qu’on leur dit.

Colliers pour «ioniser l’air», lampes UV pour «assainir l’atmosphère», tisanes et compléments alimentaires «anti-Covid», manger de l’ail avec on-ne-sait-quoi, etc. Les charlatans en tous genres ont profité à fond de l’épidémie.

Un charlatan est une personne «prétendant de manière frauduleuse ou par ignorance disposer de compétences médicales» ou «une personne qui prétend, professionnellement ou publiquement, posséder des compétences, des connaissances, des qualifications qu’elle ne possède pas». Ce peut être un vendeur de poudre de perlimpinpin. De manière plus générale, le charlatan pratique l’imposture, ou un jeu de dupes envers autrui, grâce à des trucages, des déformations de la réalité (par exemple via l’exploitation de biais cognitifs), ou des falsifications, en vue de gagner sa confiance, généralement pour obtenir de l’argent ou tout autre avantage.

Les publicités battent leur plein sur le net. Moyennant une belle présentation, un emballage flamboyant, une élocution bien au point, elles vous assurent que le Covid-19 est en mesure d’être contré, guéri par leurs potions magiques.

Les présentateurs, on leur donnerait, tel qu’on le dit, le Bon Dieu sans confession, sont habillés de blanc, cheveux grisonnants, des lunettes cerclées d’intellectuels vous vantent leur marchandise. Et ça marche !

En un clin d’œil

Comment ont-ils convaincu ceux qui, tous les jours sont accrochés à leur radio ou TV pour suivre les informations qui proviennent du monde entier ? C’est, en fait, la puissance dévastatrice de ces professionnels qui sont capables de vous embobiner en un clin d’œil. Si vous vous laissez faire, bien entendu. Ils proposent aux malades des remèdes «illusoires ou insuffisamment éprouvés en les présentant comme salutaires ou sans danger».

Des médicaments, des herbes, des pilules, des fruits tropicaux et autres gadgets sont sur le marché du net. Envahissants et insistants, ils vous obligent, d’une manière ou d’une autre, à les voir et à parcourir leur laïus alambiqué et qui se veut convaincant.

Si vous tenez à vous faire rouler, vous n’avez qu’à en commander. La livraison à domicile est gratuite. On vous l’assure. Quant à la guérison, il ne vous restera que les yeux pour pleurer votre argent perdu. Si…entre-temps vous n’avez pas perdu la vie ou sombré dans le coma.

De l’argent facile

Mais il n’y a pas que cela, le confinement a donné des idées. La crédulité n’est pas en reste. C’est ainsi que l’ail que l’on avait présenté comme un remède miracle contre le Covid-19 a immédiatement grimpé à des sommets insoupçonnables. Il a gardé une partie de cette hausse inexplicable en dépit de la bonne récolte qui a eu lieu. Qui l’importe ? Qui le distribue ? C’est le grand point d’interrogation. On ne peut exiger la tarification de tout ce que l’on met sur le marché. Et puis, si le consommateur achète, comment peut-on combattre ces trafiquants ?

Les médicaments ont été aussi l’objet de manipulations. Des convois chargés de produits pharmaceutiques ont été saisis. Le reste est passé entre les filets et est allé engrosser les fortunes qui se sont créées sous le couvert de ce Covid-19.

Ne parlons pas du vaccin contre la grippe saisonnière qui a bénéficié de l’attention de bien des manipulateurs en amont et en aval.

C’est de l’argent facile qu’on ramasse en profitant de la nécessité qu’impose cette situation exceptionnelle. Les contrôles se sont multipliés, mais «l’organisation» de ces trafics est bien en place et il faudra du temps pour la démanteler.

Si bien sûr on s’y attaque sérieusement. Les dépôts clandestins sont bien ancrés à l’intérieur des agglomérations populaires et sont bien à l’abri.

La chance des épiciers…

Les épiciers, que l’on pense contrés (à tort ?) par les grandes surfaces ont travaillé vingt-quatre sur vingt-quatre. Ils ont été parfois, souvent, grâce à leur proximité, bien plus utiles que les grandes surfaces, surtout pour ceux qui étaient bien achalandés. Ils ont imposé les prix qu’ils voulaient. On achetait tout sans discuter le prix, bien content de trouver ce qu’on cherche à portée de main.

Il ne faudrait pas penser que ce Covid-19 n’a pas profité aux trafiquants qui opèrent dans d’autres pays. En parcourant les journaux étrangers, nous avons découvert qu’ils ont sévi et qu’ils ont bien profité de l’aubaine. Mais….ceux qui ont été attrapés, ont regretté le jour où ils sont nés.

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas encore de nouvelles de ceux qui ont été pris la main dans le sac. Vont-ils servir de bons ou de mauvais exemples ?

… Et de la livraison à domicile

Autres commerces qui ont multiplié leurs chiffres d’affaires : les livraisons à domicile. Que ce soit au niveau des achats quotidiens de produits de première nécessité ou autres, les affaires ont bien tourné. Surtout pour l’alimentation qui a vu bon nombre de restaurateurs limiter les pertes. Des plateformes ont été créées pour satisfaire la clientèle qui trouve qu’il est plus commode de commander à manger, surtout pour les célibataires ou les jeunes couples sans enfants, que de cuisiner, ce qui implique de faire des courses en cours de journée, s’ils en ont le temps.

La noria de vélomoteurs qui circulent à toute vitesse, zigzagant entre voitures et piétons (qui n’empruntent que la chaussée) pour livrer les commandes d’une clientèle qui a fini par se laisser prendre au jeu.

Bien entendu, on vous assure que la livraison est gratuite. Les prix couvrent largement les frais et les risques que courent ces motocyclistes qui exposent leur vie pour faire le plus grand nombre de courses.

Des SAV illusoires

Les réparateurs et les chargés des services après-vente n’ont pas été en reste. On ne pouvait discuter les exigences des «réparateurs» qui se déplaçaient aux domiciles de la clientèle. De pseudo-techniciens, des bricoleurs, qui n’avaient qu’à proposer leurs services sur internet ou sur les journaux, ont saisi la chance de leur vie.

Quant aux services après-vente officiels, certains se sont comportés à leur guise. Covid-19 oblige, ils ont imposé leurs estimations et points de vue. A croire que rien n’est dû à un défaut de montage ou de fabrication.

Vivement le vaccin et le traitement adéquat pour mettre un terme à ces dépassements qui sont loin d’honorer leurs auteurs. De quoi être convaincu que «l’homme ne peut se fier à l’homme».

Un exemple à saluer

Mais… heureusement qu’il n’y a pas que du négatif dans cette triste période Covid-19 : le docteur Najah Farah, un médecin tunisien installé en Suisse a fait don d’un important lot de matériel médical d’une valeur approximative de soixante milliards de nos millimes à remettre aux hôpitaux. Des équipements à propos desquels il serait intéressant de savoir ce qu’ils sont devenus. Le fait de fournir ces précisions est de nature à servir d’exemple. D’autres Tunisiens résidents à l’étranger sont en mesure d’offrir leur aide, et cela encouragera ceux qui doutent, par les temps qui courent, du sort de leurs dons.

Dans tous les cas de figure, c’est un exemple à saluer et à imiter par tous ceux qui sont en mesure de tendre la main pour aider sans arrière-pensées ni mercantilisme.

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