Le lieu où se produit l’accident est sous la responsabilité de la municipalité ou de la commune qui est territorialement en charge de ses routes, trottoirs ou autres mobiliers urbains qui y sont implantés.

Du côté d’El Agba, un taxi collectif a tout simplement piqué du nez dans un trou laissé béant par, semble-t-il, la Sonede. Il n’y eut pas moins de neufs blessés qui ont été acheminés vers les centres de soins pour y être soignés. Que ce trou soit l’œuvre de cette société ou d’une autre, tel que nous l’avions déjà écrit sur ces même colonnes, la victime n’a besoin de savoir qu’une seule chose : en cas de dégâts, de blessures, de mort, à qui doit-on s’adresser pour réclamer ses droits ?

En l’état actuel des choses, il n’y a pas de vis-à-vis. Bien entendu, si la question est posée à un tribunal auprès duquel pourrait s’adresser une victime, on réussira à limiter les responsabilités et à rendre justice. Combien durera ce procès ? Qui est capable de le soutenir et d’en assumer les responsabilités ? Qui osera s’attaquer à ces mastodontes qui agissent comme bon leur semble et qui donnent l’impression qu’ils sont à l’abri de toute sanction ? Cette impunité est, d’ailleurs, le credo de tous ceux qui voudraient bien que justice soit faite, mais, étant donné que l’on est convaincu que ce sera «pour rien», personne n’a encore osé s’attaquer à ce problème. Cet accident grave éveillera-t-il les consciences ?

Curieux quand même que pour moins que cela, on a remercié des P.-d.g., alors que face à cette négligence coupable, on fait comme si de rien n’était.

Mais on n’en est pas là, étant donné que jusque-là personne, à notre connaissance, n’a porté plainte contre ces comportements irresponsables qui mettent en danger des vies humaines.

Territorialement en charge

Un trou béant, plus ou moins profond, ouvert sur une chaussée, ne saurait être que la responsabilité d’une entreprise qui effectue ou fait faire le travail. Le lieu où se produit l’accident est sous la responsabilité de la municipalité ou de la commune qui est territorialement en charge de ses routes, trottoirs ou autres mobiliers urbains qui y sont implantés.

Nous nous souvenons du trou qui a été creusé pour réparer une canalisation du côté de l’avenue de la Méditerranée à Raoued. Sans barrière, ni signalisation quelconque, il est resté livré à lui-même des mois. Et encore, l’eau continue à remonter à la surface même après la «réparation».

Le problème, c’est que d’après les quelques informations obtenues, il n’y a pas un seul responsable : il y a l’entreprise qui a commandité le travail et celle qui est intervenue pour creuser le trou. C’est ensuite une autre équipe qui intervient pour effecteur la réparation. Enfin, ce sera au tour de celle spécialisée dans l’asphaltage qui aura à remettre en état la route ou le trottoir creusé pour les besoins de la cause.

Supposons que ce soit vrai. N’y a-t-il pas un seul des donneurs d’ordre qui soit allé pour contrôler l’exécution du travail et faire son rapport pour la régularisation, paiement ou classement de l’intervention ? Procède-t-on au paiement «sur parole», alors que le travail a été mal fait ou est incomplet ?

Ils se rejettent la responsabilité

Et c’est là que réside le problème : toutes ces parties concernées (il y en a combien ?) se rejettent la responsabilité. Et pour qu’une victime puisse réclamer ses droits, il lui faudra effecteur un véritable parcours du combattant, dans un univers opaque où rien n’est clair et où tout est enchevêtré.

Combien y a-t-il de véhicules dont la fusée de direction ou l’avant-train a été brisé ou endommagé par ces ornières qui jalonnent routes et trottoirs ?

A titre d’exemple, juste face au Marché de l’Ariana, on a récemment effectué une jonction entre deux bouches d’égouts. Cela fait une semaine que le travail a été réalisé. Le concassage que l’on a utilisé pour boucher les tranchées, sautera à la première pluie. D’ailleurs, cette tranchée commence à se dégarnir et bientôt ce sera un danger qui guette sur une bretelle importante reliant le centre-ville à la cité Ennozha, surtout la nuit. Qui s’en soucie ? Visiblement personne et on ne connaîtra sa douleur, que lorsqu’il y aura un accident qui pourrait être mortel, comme celui qui a failli être un drame pour au moins neuf familles.

Routes dangereuses

La Sonede, la Steg, Télécom, et tous ceux qui ont à creuser ces affreux trous ou tranchées, ne pourraient-ils pas exiger de leurs sous-traitants l’obligation de tout parfaire dans la journée qui suit l’accomplissement de leurs interventions , tout en prenant la précaution de mettre en place des signalisations assez conséquentes et non pas de simples barrières en métal, sans éclairage qui constituent elles-mêmes un danger?

Ne pourraient-ils pas solliciter une entreprise capable de tout faire sans qu’il y ait des intervenants différents qui rendent impossible la limitation des responsabilités ?

N’y a-t-il pas un seul entrepreneur intelligent pour monter une entreprise capable de faire ces travaux de A à Z, à l’effet de mettre un terme à ces interventions saucissonnées qui dépareillent un centre-ville ou rendent dangereuse, mortelle une route ? N’y aurait-il pas une municipalité qui exigerait des différents intervenants le respect de délais raisonnables sous peine de sanctions ?

A El Agba, il n’y a pas eu, heureusement, de mort d’homme. On attendra qu’il y en ait pour «prendre des mesures». C’est la façon d’agir de tous ceux qui n’ont ni conscience professionnelle ni scrupules.

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