Par Dorra Ben Salem

Ces crises éprouvantes dissimulent, dans la majorité des cas, des troubles psychologiques de taille, qui impliquent une consultation chez les psychiatres ou plus exactement chez les psychothérapeutes pour une prise en charge spécifique. Dans certains cas, ces malaises peuvent trahir une maladie plutôt organique.

Névrose, dépression et angine de poitrine
Dans le premier cas, le médecin spécialiste peut être orienté vers plusieurs pistes de diagnostic. Il pourrait, en effet, s’agir des résultats d’un processus névrotique, qu’engendre le tiraillement psychologique entre le fait de désirer un  interdit et d’être empêché — moralement ou socialement — de le satisfaire. Les crises de panique reviendraient, aussi, à la peur inexpliquée, voire à la phobie provoquée par un mauvais souvenir qui refait surface suite à un lieu, une circonstance, une personne ou tout autre indice qui lui est référent.
Autre piste qui pourrait aider le médecin dans son diagnostic : le processus dépressif. Ces crises de panique dévoilent, souvent, un état dépressif surtout lorsqu’elles surviennent le matin. L’estime de soi amoindrie, le malade éprouve une peur inexpliquée quant à sa capacité à démarrer la journée et à relever les petits défis de la vie quotidienne. Cela dit, certaines maladies organiques s’accompagnent souvent d’une crise de panique, couplée à une fatigue intense dès le réveil. C’est le cas, à titre indicatif, des hépatites, des troubles thyroïdiens, de la tétanie ou encore de maladies cancéreuses. De même pour la maladie coronaire appelée «angine de poitrine» dont l’un des principaux symptômes rejoint ceux d’une crise d’angoisse. D’un autre côté, et dans le cas où les crises reviendraient fréquemment à la fin de la journée, elles peuvent ainsi s’avérer l’une des manifestations d’une dépression d’usure appelée aussi «anxiété généralisée».

Une prison mentale
Ce qui est évident, c’est que les crises d’angoisse assoient généralement les deux aspects de l’humain, soit le psychique et le biologique. D’origine purement psychologique, la crise d’angoisse épuise le corps et engendre malaises physiques et souffrance psychobiologique. En effet, tous les symptômes de la crise d’angoisse sont d’ordre physique : la tachycardie, la pâleur, le vertige, les sueurs, les contractions musculaires, la nausée, le vomissement, les maux de tête, douleurs thoraciques ou abdominales ; autant de signes qui – une fois déclenchés- mettent le malade dans une situation insoutenable qu’il a énormément du mal à gérer. Pis encore : le vertige qui survient au moment des crises de panique revient à un déficit respiratoire momentané, certes, mais qui réduit sensiblement l’alimentation du cerveau en oxygène. C’est dire à quel point la crise de panique peut être pénible et handicapante. Victime de cette situation récurrente, le malade se trouve incapable de se maîtriser voire de maîtriser son corps et de freiner ces différents symptômes. Du coup, cette peur atterrante, sans pour autant être justifiée, suscite chez le malade la peur de se trouver dans cette situation ; une phobie qui alimente une autre et qui oblige le malade à fuir toute situation similaire, tout indice susceptible de le replonger dans une crise d’angoisse. Aussi, et en dépit de sa volonté, le malade s’emprisonne-t-il dans une sphère intérieure, régie par la peur. Certains spécialistes parlent d’une «prison mentale».
Ce qui enfonce le clou de cette sphère infernale, de ce cercle vicieux, c’est que le diagnostic psychologique est des plus difficiles à établir. Il n’est point aisé, ni pour le malade ni pour le médecin, de trouver la cause de ce malaise récurrent. Par conséquent, le décryptage de la personnalité, de son vécu, de ses déceptions et de ses traumatismes risquerait de prendre du temps, au détriment d’une prise en charge qui devrait être entamée dans un bref délai. Faute d’un bon diagnostic, les crises risquent d’atteindre un stade de chronicité. L’on note même que parmi les personnes souffrant de crises d’angoisse, 20% sont tentées par des idées suicidaires…

Apprendre à maîtriser sa peur
Pour prendre en charge un malade, victime de crises d’angoisse, le médecin recourt généralement à deux sortes de traitement : la prescription des antidépresseurs ou anxiolytiques et la recommandation d’une série de séances de psychothérapie. L’objectif étant, d’abord, de soutenir le malade en atténuant sensiblement la fréquence des crises d’angoisse via les médicaments précités. Ces derniers ne suffisent aucunement à la guérison. Le rétablissement exige, en effet, des thérapies comportementales et cognitives qui aident le malade à «démonter le scénario-catastrophe» dans lequel il se trouve piégé à chaque crise de panique. Le psychothérapeute lui donne ainsi les moyens de s’autocontrôler en brisant l’enchaînement des épisodes de panique. Il opterait même pour des mises en scène similaires, aux composants caractéristiques à la crise d’angoisse pour aider le patient à les maîtriser désormais. Notons que la durée de ces thérapies dépend de la capacité du malade à répondre aux solutions offertes. Elle peut ainsi durer des mois. Dans certains cas, elle s’étale sur des années. Cela dit, une bonne prise en charge psychothérapeutique permettrait d’en finir avec les crises d’angoisse.
* Sources : www.doctissimo.fr
https://www.mes15minutes.com

 

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