La digitalisation de la Nuit des Chercheurs anticipe sur le format novateur des évènements à l’avenir. Un concept qui se veut, indéniablement, au diapason des Ntic ! 

L’ouverture officielle de la deuxième édition de l’évènement scientifique « Green Night » ou « la Nuit des Chercheurs 2020 » a eu lieu, vendredi dernier, à la Cité des sciences de Tunis. Cet évènement, rappelons-le, s’inscrit dans le cadre du Projet « Tunisian researcher’s and citizen’s deal », établi par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et financé par la Commission européenne. Il aura lieu le 27 novembre 2020, et ce, simultanément, dans trente pays.

Ouvrant la cérémonie de l’inauguration, Mme Olfa Ben Ouda, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a fait part de son enthousiasme de voir les efforts des jeunes compétences et des chercheurs tunisiens valorisés. Elle a indiqué, non sans fierté, qu’en dépit des faibles moyens alloués à la recherche scientifique, la Tunisie a réussi à se frayer un chemin parmi les pays les plus axés sur la recherche en décrochant le statut de «  pays associé » ; un statut qui fait sa distinction à l’échelle arabe et africaine.

«Certes, nos moyens sont limités. Mais les résultats que l’on obtient grâce à la motivation de nos chercheurs sont plus que satisfaisants. Aussi, devons-nous fournir des efforts plus costauds et investir davantage dans la recherche scientifique afin de maintenir notre place à l’échelle mondiale et d’être mieux qualifiés pour les enjeux propres à Horizon Europe », a-t-elle souligné. Elle n’a pas manqué d’insister sur l’impératif, désormais, d’apporter des modifications importantes sur les moyens de la communication sur la recherche, et ce, dans l’optique d’inciter les jeunes à mettre la main à la pâte et à booster la recherche au profit des besoins socioéconomiques, environnementaux et de développement durable.

« Investir dans la matière grise »

La ministre a souligné la préciosité de la devise « investir dans la matière »,  une devise qui représente un point fort en Tunisie. La pandémie du Covid-19 a, réellement, montré le grand potentiel des chercheurs tunisiens qui se sont investis, corps et âme, dans la recherche anti-covid-19. S’agissant de Green Night 2020, elle a tenu à saluer toutes les parties prenantes qui ont converti — situation  fait part de pandémique oblige —  l’évènement en un évènement digital, ce qui a nécessité des efforts colossaux pour réussir le pari et entamer une nouvelle vision évènementielle.

Place à la recherche appliquée !

Prenant la parole à son tour, M. Fethi Sellaouti, ministre de l’Education, a insisté sur l’impératif de consolider la collaboration que l’on veut nettement plus étroite entre le ministère de l’Education et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. «  Les étudiants d’aujourd’hui ne sont autres que les élèves d’hier. Pour ce, nous avons intérêt à inculquer auprès des élèves l’aptitude à la recherche, et ce, dès les débuts de leur parcours scolaire », a-t-il indiqué. Il a, par ailleurs, noté que le potentiel des enseignants tunisiens a été reconnu mondialement via, notamment, le classement de deux enseignants tunisiens parmi les 100 meilleurs enseignants. Pour ce qui est de Green Night, le ministre a salué l’engagement confirmé des chercheurs tunisiens à orienter leurs travaux vers la recherche appliquée, notamment celle en rapport avec l’environnement. « La recherche doit répondre, désormais, à des besoins concrets. Les travaux de recherche, menés sur le Covid-19 et dont les résultats ne seraient qu’utiles, en sont une preuve indéniable », a-t-il ajouté.

Rapprocher les chercheurs du grand public

Heureuse d’annoncer l’évènement tant attendu, Mme Mariem Skandaji Kallel, directrice chargée des programmes européens, a éclairé l’assistance sur le concept de Green Night 2020.

Il s’agit d’un évènement qui réunit une trentaine de pays à travers le monde et ayant pour finalité de rapprocher les chercheurs du grand public et mettre en valeur leurs travaux. Cette année, la Nuit des Chercheurs sera axée sur le thème de l’environnement et du développement durable.  L’objectif consiste à apporter, via la recherche, des actions à la fois pertinentes et applicables à court, à moyen et à long termes.

Elle a indiqué, par ailleurs, que la présente édition s’articule autour de quatre axes majeurs, à savoir la digitalisation de l’évènement via notamment l’instauration d’un site web et d’une application mobile au profit des participants et du public.

Des activités multiples seront menées essentiellement en ligne, dont des compétitions et des expositions scientifiques, des workshops interactifs, ainsi que des visites virtuelles… Les travaux des éventuels participants seront, par la suite, soumis à l’évaluation, aussi qualitative que quantitative, et ce, afin d’examiner leurs impacts au concret et d’évaluer l’engagement des jeunes chercheurs. Elle a rappelé les deals majeurs de Green Night 2020, à savoir « Espace et Terre », «  Ecologie et bien-être », «  Robotique et digital », «  Art et culture », « Un pavillon EU Corner pour mettre en lumière les success stories Horizon 2020 » et «  Un pavillon conçu pour les travaux de recherche, menés sur le Covid-19, soit un Covid Space ».

Les coulisses d’un travail acharné

Mû par un sentiment de fierté et impatient de voir l’évènement avancer sûrement, M. Ahmed Maâlel, président de l’Association de recherche scientifique et d’innovation en informatique (Arsii), a éclairé l’assistance sur les coulisses préparatoires de l’évènement. Les équipes de l’Arsii, ainsi que des autres partenaires avaient, en effet, entamé la conception digitale de l’évènement en juillet. « La première capsule digitale a été lancée en septembre pour sensibiliser les acteurs et la population sur la Nuit des Chercheurs. Nous avons, également, mis en place une plateforme digitale qui servira aussi bien  la présente édition que les éditions à venir. Nous avons aussi conçu une application mobile au profit des participants », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que des challenges en ligne ont été lancés le 13 et le 14 novembre au profit des éventuels intéressés ; des pré-évènements auxquels ont répondu présent 272 participants, provenant de plusieurs universités tunisiennes. Les 55 défis lancés ont mobilisé 35 partenaires et 150 équipes de recherche. «  Nous avons ainsi compté 150 solutions, lesquelles sont encore en phase d’évaluation », a-t-il noté. M. Maâlel n’a pas manqué de rappeler que le public aura accès à plusieurs capsules vidéos, représentant maintes institutions partenaires. Projection à l’appui, il a donné un bref aperçu sur la visite virtuelle en 3D qui aura pour spécificité l’interaction entre le navigateur et l’espace virtuel. La conception de cette visite sera finalisée pour être opérationnelle le 27 novembre.

La cérémonie d’inauguration de la deuxième édition de Green Night a été clôturée par la remise de trophées symboliques, en guise de gratitude à tous les intervenants.

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