Les représentants de cinq blocs parlementaires ont appelé le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lundi, lors d’une conférence de presse, à lever l’immunité parlementaire du bloc de la « Coalition Al Karama » et à le poursuivre en justice, sur fond d’agressions physiques et verbales perpétrées par un certain nombre de ses députés contre des députés du bloc démocratique.

Les représentants des cinq blocs en question, à savoir, le « bloc démocratique », le bloc de « la Réforme », le bloc « Qalb Tounes », le bloc « Tahya Tounes » et le bloc « National » ont affirmé avoir accordé au président de l’ARP, Rached Ghannouchi, un délai jusqu’à l’adoption du projet de la loi de finances 2021 pour prendre les mesures nécessaires contre le bloc de la « Coalition Al Karama » et mettre un terme à ce qu’ils ont qualifié de « mascarade sous l’hémicycle du Parlement », faisant remarquer que » toutes les possibilités sont envisageables au cas où le président de l’ARP n’interagit pas avec leurs revendications relatives à la levée de l’immunité parlementaire du bloc de la Coalition Al Karama et à sa poursuite en justice ».

Ils ont évoqué la possibilité de présenter à nouveau une motion de retrait de confiance du président du Parlement et de mener une série de sit-in ouverts jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites lui faisant assumer la responsabilité directe de la détérioration du climat à l’ARP, et des interruptions répétées des travaux du Parlement, en raison de « son incapacité à mettre en œuvre les dispositions du règlement interieur, et sa passivité envers les déviations des députés de la coalition Al Karama qui ont transformé l’Hémicycle en une tribune pour répandre la discrimination et la haine entre les députés, au mépris de la Constitution et des valeurs de la République.

Dans ce contexte, ils ont réfuté les allégations mensongères qui ont circulé, leur faisant assumer à tort, la responsabilité de la perturbation du débat sur la loi de finances, affirmant que les accusations proférées à leur encontre par les députés du bloc de la coalition Al Karama sont infondées.

Selon une déclaration conjointe des cinq blocs parlementaire dont lecture a été faite par le président du bloc démocratique, Zouhair Maghzaoui, les députés du bloc de la Coalition Al Karama avaient, lundi matin « dans une manœuvre dangereuse et sans précédent, délibérément, interrompu les travaux de la réunion de la commission des femmes, de la famille, de l’enfance, de la jeunesse et des séniors, au cours de laquelle les présidents des cinq blocs devaient dénoncer les propos du député Mohammed Affas portant atteinte à l’image de la femme et à ses droits.

Il a ajouté, dans le même contexte, que certains députés de la Coalition Al Karama, avaient « agressé verbalement et physiquement les députés Anouar Bechahed, Amal Saidi et Samia Abbou, devant la salle de réunion et perturbé les travaux de la commission ».

« Cette agression n’est pas la première du genre a-t-il dit, signalant que les députés du bloc de la Coalition Al Karama « avaient depuis quelque temps, transformé l’ARP en un espace de conflits politique et d’échanges d’insultes, outre leurs incitations répétées contre leurs collègues parlementaires à travers les pages agissant à leur solde accusant certains d’entre eux de blasphème, de crime et autres réquisitoires », a-t-il dit.

De son côté, la député du bloc démocratique, Amal Saidi, a dénoncé « la violence physique et verbale dont elle a été victime avec sa collègue la députée Samia Abou par les députés du bloc de la coalition Al Karama, alors qu’elles tentaient d’empêcher les agressions physiques sur leur collègue Anouar Bechahed.

Elle a souligné qu’ « il était plus approprié de débattre des lois susceptibles d’atténuer les souffrances quotidiennes des femmes rurales et de réviser le cahier des charges afin qu’elles puissent bénéficier de leurs droits, au lieu d’exposer les femmes députées à la violence, et de tolérer l’atteinte à toutes les femmes tunisiennes libres par l’avocat Mohamed Affas, qui les a délibérément insultées lors de la séance plénière ».

Il est à noter que la séance plénière tenue, lundi matin, à l’ARP, consacrée à l’examen du projet de loi de finances pour l’année 2021, a été levée en raison d’actes de violence qui ont eu lieu entre un certain nombre de députés, suite à l’interruption de la réunion de la commission des affaires de la femme, de la famille, de l’enfance, de la jeunesse et des séniors.

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