On nous avait annoncé que 140 tonnes de viandes rouges allaient être importées pour réguler la demande au cours du mois de Ramadan. La viande ovine importée d’Espagne ne coûtera que 22D500 ! Mais allez la trouver cette viande et à ce prix-là !
On nous dit, aussi, que les points de vente de ces produits sont, surtout, les grandes surfaces et les espaces appelés «du producteur au consommateur». Or, les clients ont beau affluer vers ces endroits, ils ne sont pas sûrs d’obtenir ce qu’ils viennent chercher. Certes, l’huile d’olive est présente et elle est vendue au prix fixé. Les dattes, quoique de qualité très moyenne, sont disponibles. Mais la viande ovine, elle, est absente des étals. Le marchand vous dira qu’il n’y en a plus. Une plaque, pourtant, est là qui porte le prix, mais la marchandise non. Par contre, vous aurez un vaste choix de viandes bovines et de saucisses. Pas l’ombre d’un morceau d’agneau !
Pourquoi cette anomalie ? Les promesses faites n’ont-elles pas été tenues ou y a-t-il, là aussi, un autre trafic ? Ces viandes seraient-elles, comme on le pense sérieusement, détournées pour être écoulées dans d’autres lieux et à des prix plus élevés ?
La question reste posée d’autant que le consommateur est en droit d’exiger d’avoir accès à cette denrée à un prix raisonnable.
De même, le Tunisien ne peut s’empêcher de s’étonner devant cette incongruité qui fait que les viandes espagnoles sont plus abordables que celles produites localement.
Il aimerait savoir comment ces messieurs de l’Utap expliqueraient cette différence, énorme, entre les prix élevés qu’ils veulent nous proposer et les prix qu’on peut réaliser en important l’agneau d’Espagne.
Malgré la dépréciation du dinar, comment peut-on arriver à écouler un tel produit chez nous à des prix moins chers ? C’est étrange ! Car, si on calcule bien, le kg de viande ovine reviendrait à moins de 7 euros au cours actuel !
Comment cela peut-il être possible, dirions-nous, alors que les responsables de l’Utap sont très remontés contre le fait que les autorités officielles aient recours à l’importation de cette denrée ?
D’un côté, ils se plaignent du prix de la viande locale qui est plus bas que ce qu’ils veulent et, de l’autre, ils s’opposent à ce que l’Etat trouve les solutions.
Il y a, forcément, une volonté de mettre la pression sur les autorités pour les empêcher de nuire à leurs plans qui visent à imposer leur stratégie basée, uniquement, sur les intérêts de cette organisation.
A la fin, on aimerait poser cette dernière question aux responsables de l’Utap : est-ce que les agriculteurs espagnols sont perdants en vendant leurs bêtes aux prix que nous connaissons?
Bien sûr que non. Alors que ces gens à qui rien ne plaît, et qui ne voient que des aspects négatifs dans tout ce que les autorités font, laissent nos agriculteurs tranquilles. S’ils ont d’autres agendas, ce n’est pas l’affaire des honnêtes exploitants agricoles qui ont, toujours, été du côté de leurs compatriotes sans autres calculs politico-politiciens.

Charger plus d'articles
Charger plus par Amor CHRAIET
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire