Après le succès de «Les Petits mouchoirs», Guillaume Canet réalise, dix ans après, une suite : «Nous finirons ensemble», actuellement sur nos écrans. Mal lui en prit, car on s’ennuie ferme dans cette comédie dramatique, soporifique et assoupissante, fond et forme confondus. Le détail.

Viellis et changés, la bande de copains de «Les Petits mouchoirs» se retrouvent, une décennie après, dans «Nous finirons ensemble». Ainsi en a voulu le réalisateur Guillaume Canet. Ici et maintenant, l’un d’entre eux, Max (François Cluzet), aura 60 ans dans trois jours, mais il déprime à cause de problèmes d’argent.

Il doit, donc, vendre sa maison de vacances où ses amis débarquent à l’improviste pour lui faire la surprise de fêter son anniversaire. «La surprise est entière, mais l’accueil l’est beaucoup moins…»Dès les premières scènes du film, on déchante car on est loin d’être convaincu par les difficultés financières de ce personnage en crise. Plus, les autres personnages tout aussi égoïstes et égocentriques affichent un mépris de classe (la nounou qu’on humilie par exemple).

Pis, on ne comprend pas pourquoi les personnages féminins sont peints de manière aussi négative, puisque chacune des femmes sont soit nymphomane, alcoolique ou oppressive et étouffante. Cette comédie dramatique française où, paradoxalement, le rire fait défaut, se déroule sans «peps», de façon interminable et assoupissante autour de petits problèmes d’argent d’une bande de nantis, privilégiés et névrosés.

Et pour soi disant assaisonner le tout, le réalisateur ajoute quelques ingrédients afférents aux problèmes de couple, tels le divorce, la sexualité, la paternité, etc. Mais n’empêche, les personnages demeurent malgré tout sans épaisseur et terriblement creux. Mal filmé (mise en scène de téléfilm), «Nous finirons ensemble» n’est autre, à la fin, qu’une enfilade de sketches pas du tout drôles, dont les vannes sont tellement plates et les gags tellement téléphonés que l’ensemble respire la vacuité et l’ennui, n’arrivant pas à susciter l’empathie générée par le précédent opus traitant de l’amitié et marqué par une bonne dose d’humour et de tendresse. D’où le succès qu’il a connu.

Or, dans «Nous finirons ensemble», c’est la balourdise qui domine, fond et forme confondus. Et ce ne sont pas les multiples rebondissements, très tardifs, vers la fin du film qui changeront quelque chose à l’atmosphère pesante du film.Plus, la même brochette d’acteurs qui a contribué à la réussite du premier volet tels François Cluzet (Max), Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Laurent Laffite, José Garcia, Pascale Arbillot, Benoît Magimel n’est pas parvenue à créer cette alchimie ayant marqué le premier épisode. C’est que dans «Nous finirons ensemble», outre le surjeu, le réalisateur et les acteurs n’ont pas su ranger leurs petits mouchoirs afin de nous épargner leurs pleurnicheries de nantis si ennuyeuses et si lassantes.

Samira DAMI 

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