Le ministère public à Sousse a placé en garde à vue 12 personnes impliquées dans l’affaire des déchets importés d’Italie.

Dix autres personnes ont été entendues par le procureur, alors que le propriétaire de la société importatrice de ces déchets « SOREPLAST » est recherché, selon le premier vice-président du Tribunal de première instance de Sousse, Jabeur Ghenimi.

Parmi les personnes arrêtées, entre samedi et dimanche derniers, figurent deux anciens ministres de l’Environnement dont Mustapha Aroui, son chef de cabinet, deux directeurs de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), deux autres directeurs à l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ANPE), un cadre de la douane, le propriétaire d’un laboratoire privé, un transitaire et un agent de la poste.

Suite à cette affaire, la présidence du gouvernement a démis , dimanche, le ministre des Affaires Locales et de l’Environnement, Mustapha Aroui de ses fonctions, et précédemment, le directeur général de l’ANGED, sans pour autant apporter des précisions sur les motifs.

L’article 8 de la Convention de Bâle sur le Contrôle des Mouvements Transfrontières de Déchets Dangereux et de leur élimination fixe les délais de réexportation de ces déchets à 90 jours, à compter du moment où l’État concerné a informé l’État d’exportation et le Secrétariat », or, un mois seulement nous sépare aujourd’hui de la date butoir.

Face à cette situation, l’agence TAP a tenté vainement de contacter l’ambassade d’Italie en Tunisie afin de s’assurer de la véracité de l’information selon laquelle la Tunisie aurait formulé une demande officielle à l’Italie pour lui réexporter les déchets. Il en est de même pour le cabinet de la présidence du gouvernement.

Pour rappel, ce scandale, dévoilé, suite à une enquête d’investigation diffusée sur une chaîne de télévision privée, le 02 novembre 2020, porte sur un marché d’importation de 120 mille tonnes de déchets par an vers la Tunisie, conclu entre la société tunisienne totalement exportatrice « SOREPLAST » et la société italienne « SRA Compania ».

Selon le Contrôle Général des finances (CGF) qui a été auditionné, le 14 décembre dernier, par la commission parlementaire de la Réforme administrative, au sujet de ce dossier, le marché conclu entre les deux sociétés italienne et tunisienne est estimé à 20 millions de dinars.

À en croire le député du Courant Démocratique relevant de la circonscription d’Italie, Mejdi Kerbai qui suit cette affaire de près, les autorités italiennes n’ont reçu aucune demande de leurs homologues tunisiens afin de réexporter ces déchets vers leur pays d’origine, et ce, jusqu’à la date du vendredi 18 décembre dernier.

En contrepartie, un responsable au sein du ministère de l’Environnement a assuré jeudi, dans le journal de 20h00 de la TV tunisienne, que son département a adressé une correspondance aux autorités italiennes, au sujet de cette affaire.

Or, selon le député, cette correspondance ne peut en aucun cas remplacer une demande officielle, déplorant, dans une déclaration à l’agence TAP, le manque de sérieux accordé à ce dossier.

Et d’ajouter qu’un député italien au parlement européen a déjà adressé une correspondance au ministre des Affaires Locales et de l’Environnement, Mustapha Aroui afin de lui proposer son aide pour résoudre cette affaire, sauf qu’il a reçu une réponse tardive, dans laquelle, il lui a indiqué que sa correspondance avait été transférée au ministère des Affaires Étrangères, étant donné, que c’est le seul organisme habilité à lui répondre.

Ce dossier a suscité la polémique de plusieurs organisations environnementales qui sont allées jusqu’à qualifier cette affaire de « terrorisme environnemental » qui porte atteinte à la souveraineté de la sécurité nationale.

Ces organisations ont même menacé de saisir la Cour Internationale de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, concernant l’affaire des déchets importés d’Italie.

Malgré les appels incessants de la société civile appelant à trouver une issue à cette affaire, aucune mesure concrète n’a été jusque là prise pour reexporter ces dechets vers leur pays d’origine.

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