Inutile de préciser que nous n’avons pas assisté à des représentations théâtrales en bonne et due forme, mais rien que par la lecture des extraits par des comédiens et comédiennes, l’émotion était titillée.

«Deux confinements, une pandémie, un arrêt total des représentations et on est encore là debout, présents, solidaires, ensemble. Et on sera toujours là », ont écrit Zeïneb Henchiri et Marwa Manaï, les deux instigatrices de cet évènement. Un évènement à échelle humaine pour fêter le théâtre, l’amour du théâtre, pour se séparer sur une note positive et pour mieux se retrouver en 2021 avec l’ouverture des théâtres et le retour à la vie. Huit pièces créées la saison dernière, huit œuvres qui ont eu une part de vie, une vie interrompue et restée en suspens. Et voilà que grâce à la volonté du texte, elles retrouvent une vie.

Inutile de préciser que nous n’avons pas assisté à des représentations théâtrales en bonne et due forme, mais rien que par la lecture des extraits par des comédiens et comédiennes, l’émotion était titillée.

Rawah de Khawla El Hadef avec Fatma Felhi, Sukum de Nooman Hamda, Mémoire de Slim Sanhaji avec Sabah Bouzouita, Marché Noir de Ali Yahyaoui, Illusion de Nizar Saidi, Aurore en Bouche de Rémy Sermini avec Nejma Zeghidi, J’ai peur d’oublier de Mouna Belhaj, et le Nom du père de Marwa Manaï. Tant de créations qui ont retenu les esprits, suscité le débat, interpellé, questionné et remonté des souvenirs.

Dans le théâtre de poche du Be Actor studio, dirigé et animé par le duo Zeïneb Ferchichi et Taoufik El Ayeb, les voix des acteurs ont résonné. Respectant à la lettre les mesures sanitaires et le protocole exigé, un public a su saisir la subtilité de cette action.

Les lectures théâtrales, un exercice qui semble ordinaire, mais en ces temps de misère culturelle et artistique devient une énorme ouverture sur un monde qui nous manque tellement. D’ailleurs, il manque terriblement aux acteurs qui se sont portés volontaires rien que pour se retrouver et partager une portion de leur œuvre restée sur les étagères de nos souvenirs. La scène leur manque, leur travail et passion condamnés à l’inertie…mais arrive-t-on vraiment à faire taire un comédien ?

L’année ne pouvait se terminer sur une note négative, sans théâtre et sans spectacles. C’est pour cette raison que ces lectures sont venues égayer cet après-midi du vendredi 25 décembre, et avec ou sans Covid on en redemande encore.

Car le temps de deux heures nous avons accompagné Fatma Felhi dans son road-trip, nous avons vogué avec Mouna Belhaj dans les recoins de ses souvenirs, découvert l’univers particulier de Ali Yahyaoui, le monde cruel de Nizar Saidi, rencontré encore une fois la jeune fille et la mort par le prisme de Sabeh Bouzouita et Slim Sanhaji, retrouvé les chuchotements et les silences de Nooman Hamda, le pouvoir du père de Marwa Manaï et la poésie de Rémy Sermini.

Pour une entrée en matière, c’en est une, de quoi tenir encore quelque temps avant de reprendre nos bonnes et vieilles habitudes, et vivement le théâtre !

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