Elle s’aligne parmi les maladies digestives les plus difficiles à vivre. La maladie de Crohn survient à n’importe quel âge et entraîne, aussi bien par sa chronicité que par les différents malaises et complications qu’elle engendre, un état de santé à la fois fragile et endurant. Il s’agit, en effet, d’une maladie inflammatoire chronique qui affecte les parois de l’appareil digestif et plus fréquemment la jonction reliant le côlon à l’intestin grêle. Cette inflammation touche à tout l’appareil digestif, notamment de la bouche à l’anus, provoquant des ulcères buccaux, des fissures au niveau des parois du tube digestif et des intestins et même des abcès chroniques à l’anus. Un épaississement des parois intestinales et du tube digestif constitue une conséquence quasi évidente qui risque, à défaut d’une hospitalisation d’urgence, d’avoir des répercussions fâcheuses.     

Le diagnostic de la maladie de Crohn est évident via la détection de l’inflammation mais aussi à travers d’autres symptômes, digestifs et non digestifs. Les personnes présentant cette maladie souffrent, fréquemment, de crampes intestinales, de douleurs abdominales et de diarrhées aiguës qui peuvent durer des semaines sinon des mois, des symptômes qui influent négativement sur la santé et le bien-être de par la fatigue, le manque d’appétit et la perte de poids qu’ils engendrent.

Facteurs héréditaires, immunitaires et environnementaux

Certes, les causes directes de l’inflammation demeurent, jusqu’à nos jours, méconnues. Néanmoins, des pistes de recherche mettent en avant plusieurs facteurs propices à la maladie. La prédisposition génétique, par exemple, n’est point à écarter vu que le gêne NOD2/CARD15 quadruple sinon quintuple le risque de souffrir de cette maladie. Le facteur immunitaire figure aussi au cœur des recherches menées. Cette maladie pourrait être une maladie auto-immune puisque l’inflammation pourrait être provoquée par une réaction immunitaire abusive contre certains virus ou bactéries touchant l’appareil digestif. Notons, en outre, que certains facteurs environnementaux sembleraient être propices à l’inflammation chronique à savoir  le tabagisme, la sédentarité, le mode de vie moderne ainsi que la prise de certains antibiotiques. Les spécialistes présument que la maladie pourrait être déclenchée par un virus, une bactérie ou encore par le déséquilibre de la flore intestinale.

Une évolution redoutable

Chronique, difficile à vivre en raison de la récidive des crises et des symptômes handicapant dont les hémorragies, la diarrhée chronique, les douleurs abdominales, la perte de poids ainsi que l’anémie et la sensation incessante de fatigue, la maladie de Crohn se caractérise également par son aspect évolutif. A défaut de traitement et d’une bonne hygiène de vie, des complications, souvent graves, risquent de survenir. Parmi les complications redoutables figure l’obstruction partielle ou totale du tube digestif, due notamment à l’épaississement des parois intestinales, entraînant des malaises insoutenables, dont des vomissements de matières fécales. Dans ce cas, une hospitalisation s’impose dans le plus bref des délais afin d’éviter le pire : la perforation de l’intestin. D’autres symptômes sont à mentionner, à savoir les ulcères dans les parois du tube digestif, des hémorragies, du sang ou des glaires dans les selles, malnutrition, retard de croissance et de puberté, arthrite, affections de la peau, inflammation oculaire, calculs rénaux ou biliaires…Pour les femmes enceintes, le risque de fausse-couche est plus élevé et le développement fœtal, menacé.  Encore faut-il souligner que les personnes atteintes de la maladie de Crohn sont plus prédisposées que les autres au cancer du côlon. Un dépistage précoce et régulier est vivement recommandé.

Atténuer les symptômes

Si le diagnostic de la maladie de Crohn semble évident, le traitement, lui, demeure symptomatique. Jusqu’à nos jours, aucun traitement spécifique n’a été inventé pour traiter cette maladie chronique. Aussi, les traitements prescrits ne servent-ils qu’à maîtriser l’inflammation et réduire les malaises. La chirurgie n’est recommandée que pour retirer une partie abimée de l’intestin.

Cependant, il est toujours possible de réduire l’intensité des crises en évitant certains facteurs à risque comme le tabac, les antibiotiques et anti-inflammatoires en vente-libre ainsi que la consommation des aliments susceptibles d’aggraver l’intensité des crises.

 

* Source : www.le-guide-sante.org
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