Un nouveau ministre, un nouveau syndicat, le moment n’est ni à l’Art ni à la Culture, le pays vaque à tant et tant de problèmes, mais des commentaires s’ensuivent dans le milieu, les médias, la profession, cela suscite intérêt.

Le nouveau ministre de la Culture est le dixième depuis la révolution. Qui y rappelle avec sérieux, rappelle aujourd’hui à une chose : que l’excès du nombre et la liste qui s’allonge signifient, avant tout, inattention. Négligence peut-être même. La moyenne d’un ministre de la Culture par annuité n’autorise pratiquement aucun programme, aucune politique culturelle à proprement parler. Il y manque toujours le temps, la maturation, mais encore, dans nos mœurs politiques, chez nos gouvernants, le sens de la nécessaire continuité de l’Etat. Ici, la fonction ministérielle est essentiellement personnalisée. Elle porte obligatoirement, à tort ou à raison, la marque du ministre, a fortiori du «nouveau venu».

Qui succède efface ce qui précède, la règle ne se dément presque jamais. Il en a résulté pendant toute la décade culturelle que rien n’a pu bouger, changer, ou même se conserver. Les Arts et la Culture ont juste pu maintenir le statu quo, un banal statu quo, pendant ces dix premières années de la révolution. Pour toutes «réalisations» demeurées possibles : gérer des festivals, divertir des régions. Et puis, le hobby ministériel actuel, le maximum recherché en définitive: s’occuper des gens de métier. La Culture comme politique globale, comme progrès collectif, comme idée, comme conscience, comme pensée ? A ce jour, et en dépit des compétences et des talents qui se sont relayés au poste, personne n’y est encore parvenu. L’accueil fait à Monsieur Youssef Ben Brahim semble donner espoir. L’homme est un spécialiste du domaine et un habitué de la maison. Nous verrons bien.

Le nouveau syndicat des artistes intrigue pour sa part.

Comment, d’abord, le différencier du premier venu, l’ex-syndicat des chanteurs et musiciens professionnel et actuel Stsm, Syndicat tunisien du secteur de la musique ? Les deux ne peuvent que se confondre en fonction et en vocation. Pourtant, on les distingue déjà.

Le Stsm réunit surtout des affiliés de base. Des «syndiqués purs». Le Sat, chose inhabituelle, le nec plus ultra de la chanson. La quasi-totalité des stars du classique et de la wataria. Des carrures à revenus. Les artistes musiciens et chanteurs de la base ont beaucoup à défendre et à se défendre, on le sait depuis longtemps. Et cela s’aggrave en temps de corona. Les carrures à revenus ne seraient-elles pas réellement utiles en rejoignant les collègues qui en ont besoin?. Voilà l’interrogation que suscite la création d’un «syndicat de nantis», une interrogation que les stars elles-mêmes évitent avec soin… Et digressions. D’aucuns invoquaient l’autre jour le statut de l’Artiste, d’autres, étonnement, le devoir de «défendre le tarab en péril». A cela un syndicat unique suffit. Ou, simplement, s’asseoir à une table de réflexion.

Intriguant, on l’a dit.

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