Cette pénurie qui perdure depuis plusieurs mois commence à exaspérer de plus en plus les consommateurs.


Mohamed est un citoyen lambda qui passe des heures à la recherche de l’huile végétale subventionnée communément appelée «l’huile de l’Etat», dans les commerces de détail et les épiceries, mais en vain. «Les consommateurs à revenus modestes comme moi ne peuvent pas s’approvisionner en huile végétale de qualité supérieure car elle coûte 5d.400 le litre, tandis que son prix réel ne dépasse pas un dinar. Je suis tout le temps à la recherche de l’huile végétale subventionnée qui est introuvable. C’est un secret de Polichinelle. Les commerçants préfèrent revendre cette huile aux restaurants et aux pâtisseries. C’est plus rentable pour eux. Ils en profitent pour l’écouler deux à trois fois plus cher que son prix réel profitant du fait que ce soit un produit subventionné par l’Etat».

De son côté, Mme Bahija, une autre consommatrice, se plaint du déficit des denrées de base subventionnées, à l’instar du sucre, de la farine et de l’huile. Cette pénurie qui perdure depuis plusieurs mois commence à exaspérer de plus en plus les consommateurs. Cette insuffisance serait due à plusieurs raisons. Il ne suffit pas d’injecter de grandes quantités sur le marché pour résoudre le problème, il faut que les épiciers les vendent aux consommateurs ordinaires.

Vendredi dernier, des dizaines de consommateurs attendaient patiemment leur tour devant un point de vente du Marché central pour acheter une bouteille d’huile subventionnée introuvable ailleurs. A l’intérieur, les cageots sont à moitié vides. Un habitant du quartier a affirmé que rien n’a changé depuis des années. Au contraire, il est devenu presque impossible pour les consommateurs de trouver une bouteille d’huile subventionnée chez les commerçants. Certains la vendent aux professionnels, alors que ce produit est destiné aux ménages.

D’autres passent des heures à la recherche de cette denrée devenue de plus en plus difficile à trouver. «Les commerçants préfèrent vendre cette huile aux restaurants et aux pâtisseries», s’insurge Mohamed, un consommateur rencontré au Marché central.

Le président de l’Organisation de défense du consommateur (ODC), Slim Saâdallah, a indiqué que suite aux efforts fournis par le ministère, le produit devrait être disponible dans les marchés locaux en quantités suffisantes. «L’huile subventionnée se fait rare sur le marché. Profitant de la situation, certains vendeurs sont en train de l’écouler en douce à un prix qui a atteint 4 à 5 dinars 500 millimes alors qu’elle doit être commercialisée à 900 millimes. Ils la vendent en cachette aux restaurants, aux pâtisseries… Bien que ce produit soit compensé par l’Etat à hauteur de 200 millions de dinars, il ne profite pas du tout aux catégories démunies», a-t-il révélé.

Un autre problème a été évoqué par notre interlocuteur, à savoir celui des circuits parallèles. En effet, d’après les études élaborées, 40% des produits subventionnés par l’Etat sont commercialisés sur les circuits officiels, tandis que les 60% restants sont récupérés et détournés hors des circuits officiels de vente. L’Organisation de défense du consommateur (ODC) a signalé, à plusieurs reprises, la pénurie de l’huile végétale subventionnée, mettant notamment en cause la spéculation et les circuits de distribution parallèles.

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