De quoi converse-t-on à part du différend Saïed-Méchichi et de la situation difficile du Club Africain ?

Pratiquement de rien d’autre. Les sujets y appellent, il est vrai.

Le différend Saïed-Méchichi est une impasse politique doublée d’une impossibilité juridique. Une cour constitutionnelle aurait tout réglé, entend-on dire. Pas sûr. Les partis pris restent tenaces en début de démocratie. Nous y aurions quand même buté.

Ce à quoi s’adonnent le président et son «ex-futur» premier ministre confine surtout à l’abracadabrantesque, et donc au hilare. Un gouvernement que l’on forme, que l’on présente au parlement, puis au serment, mais que l’on change aussitôt, qui a l’accord des élus, pas du chef de l’Etat, dont on limoge une partie et que l’on maintient en suspens : le cafouillis inquiète mais il amuse, entre autres, les Tunisiens.

Le cas du Club Africain est franchement dramatique. Gravissime, et pour l’heure, sans réelle perspective de solution. L’enjeu est perçu au niveau de tout un pays : un club historique encourt la faillite et la disparition. Le CA compte des centaines de milliers de supporters, ici même et à l’étranger. L’équilibre sociétal risque la rupture, oui, ne fût-ce que pour «si peu». Et la probabilité est d’autant plus grande que deux facteurs s’y ajoutent. A commencer par le contexte général, les autres déboires du peuple. Les tant et tant déboires accumulés après dix ans de révolution. Le football aidait souvent à en guérir, de moins en moins désormais. En tenant compte, ensuite, des réalités actuelles du football, impitoyables, tant elles dépendent de l’argent. Jusqu’à la fin 90, à la veille de l’instauration du professionnalisme, le Club Africain avait qui le monnayait et était, statistiquement, le club le plus doté en titres. Les budgets le dépassent et ses titres s’amenuisent depuis. Pure logique. A laquelle, hélas, ni les passions, ni les collectes, ni les centaines de milliers de supporters d’ici et de l’étranger ne peuvent plus «faire obstacle».

Le différend Saïed-Méchichi mène à l’impasse, laisse le pays «en suspens». Le CA, club historique, risque de disparaître. Les gravités diffèrent peut-être, mais les sujets pèsent de même. Pèsent toujours. Les solutions manquent. La conversation se poursuit.

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