Le satellite tunisien  » Challenge one  » a été lancé ce lundi, 22 mars 2021 à 7H07 minutes à partir du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan à bord du vaisseau spatial russe Soyouz dont le décollage a été reporté, samedi 20 mars 2021, en raison des conditions climatiques défavorables.Le lancement a été transmis en direct à la salle centrale d’opérations du groupe en présence de président de la République et du président directeur général du groupe Mohamed Frikha.

Dans une allocution prononcée à l’occasion, le président de la République Kaies Saied a exprimé sa fierté de l’événement qui reflète, selon lui, l’aspiration de la Tunisie et des jeunes Tunisien à dépasser les limites de la terre et gagner l’espace. » Ce projet fruit de compétences typiquement tunisiennes est une leçon qui démontre qu’en présence de volonté réelle, nous pouvons atteindre le ciel », a-t-il dit.

 » Notre richesse réelle et inépuisable est cette de notre capital humain « , a-t-il souligné ajoutant que le peuple tunisien et la jeunesse tunisienne sont capables de surmonter toutes les difficultés et problèmes et faire face à tous les dangers en Tunisie mais aussi dans le monde entier.

 » Nous ne manquons de rien sauf d’une volonté nationale réelle et d’objectifs nationaux inchangeables « , a-t-il dit.Et d’ajouter,  » nous sommes fiers de notre indépendance, de notre passé, de nos parents et grands parents et nous sommes aussi fiers de vous les jeunes, fierté de la Tunisie, qui créera le future sur terre et dans l’espace « .

Saied a, à cette occasion, rappelé sa proposition relative à la création d’une institution constitutionnelle pour l’éducation.  » Cette institution devrait sauvegarder nos acquis dans le domaine de l’éducation ainsi que notre système éducatif, important moyen pour faire avancer le pays, loin des tiraillements politiques « , a-t-il souligné.Evoquant la fête de l’indépendance, Saied a affirmé que l’indépendance réelle se manifeste dans les rapports de respect et d’égalité qu’entretiennent les Tunisiens entre eux et avec le reste du monde.

 » Cette fête est aussi une occasion pour rappeler les sacrifices de nos ancêtres et de nos parents qui ont nourri ces terres avec leurs sangs et qui nous ont donné la possibilité de construire un pays indépendant mais aussi prospère et riche de compétences humaines « , a-t-il tenu à préciser. Mohamed Frikha a, pour sa part, souligné que cet accomplissement et un cadeau au peuple Tunisien.  » Il s’agit du fruit de toute une génération de culture et de savoir ainsi que du travail d’un vingtaine d’ingénieurs tunisiens encadrés par Telnet », a-t-il précisé.

Ce premier satellite n’est qu’un premier pas vers l’espace qui sera suivi par d’autres pas dans le but de faire de la Tunisie un pôle spatial en Afrique.Frikha a, à cette occasion, annoncé la mise en place d’une école spécialisée dans les sciences de l’espace en collaboration avec l’Etat.

 » Nous avons aussi présenté une proposition au cosmodrome russe de Baikonour pour envoyer une femme tunisienne à la station spatiale ISS.  » Elle sera la première femme arabe à visiter la station « , a-t-il dit.Challenge 1, qui a été lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à bord de la fusée russe Soyouz-2, est un petit satellite qui pèse environ 3 kilogrammes. Il sera employé dans la technologie de l’Internet des objets (IOT- Internet of Things ».) »Challenge-One », conçu et développé par des compétences exclusivement tunisiennes, permettra la transmission des données utiles aux habitants de la terre par la connexion des objets situés sur la Terre (Internet of Things) via l’espace en utilisant, pour la première fois au monde, le protocole de communication LoRa destiné à la base pour des réseaux terrestres.

Le satellite permettra la communication et l’échange de données entre différents équipements, dans de nombreux domaines, notamment le contrôle, le transport, l’agriculture et la logistique, en recevant les données et en les envoyant à des fournisseurs du monde entier.D’après l’ingénieur tunisien en aérospatial, Ahmed Fadhel, « Challenge 1″ est le premier satellite tunisien et maghrébin et le sixième à l’échelle africaine ». « L’évènement revêt une grande importance, dans la mesure où il va ouvrir de nouvelles perspectives en matière de formation des ingénieurs et étudiants dans les domaines des technologies de l’espace », a-t-il dit, dans une déclaration à l’agence TAP.D’après la société Telnet, la conception de ce satellite « s’inscrit dans le cadre de la recherche scientifique et de l’innovation et vise la validation de concepts dans les nouvelles technologies et le développement d’applications associées, pour les élargir ensuite, à l’échelle universelle, par le lancement d’une constellation de 30 satellites ».

Le vaisseau russe Soyouz-2 qui transporte « Challenge-One » ainsi que d’autres satellites, n’a pas pu décoller samedi en raison de la présence de vents forts.Près de 30pc des opérations de lancement de satellites sont retardées en raison de la complication de la procédure, avait indiqué Telnet, dans un communiqué précédent, précisant qu’il est impératif de réunir toutes les conditions favorables afin de réussir ce processus et éviter tout échec qui coûterait très cher..Telnet a été créée en 1994 à l’initiative de sept ingénieurs tunisiens, pour devenir en environ 25 ans l’une des plus grandes sociétés d’ingénierie et de technologie en Afrique avec 1000 ingénieurs tunisiens. La société a développé des systèmes électroniques pour plusieurs sociétés internationales dans les domaines des téléphones, des voitures et des avions.

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