Ce phénomène n’est pas propre à une période donnée. Nos commerçants ont les mains libres de pratiquer des hausses chaque fois qu’ils en ont envie, sans trop s’inquiéter d’un quelconque contrôle. Sur ce point, bien du travail reste à entreprendre.

Tous les prix augmentent d’une façon incontrôlée, au point que les autorités sont débordées et n’arrivent plus à maîtriser ce raz de marée. Chacun y va à sa manière et tous les secteurs sont touchés. Ce ne sont pas, uniquement, les produits dits de première nécessité, comme les fruits, les légumes ou les produits de forte consommation, mais ce sont, également, les médicaments, qui affichent toutes les semaines de nouvelles tarifications, les prix des œufs, du lait, de la viande, des factures Steg et Sonede, des carburants, divers services (réparation automobile, d’électroménagers, d’appareils électroniques  tablettes et téléphones…). Il y a donc des augmentations dans tous les domaines, et ce ne sont pas des augmentations mineures. Les coefficients sont très élevés. Ils atteignent des records pour certains articles qui ne sont pas de consommation «courantes», comme les fournitures scolaires ou de bureau. C’est ainsi que les stylos affichent des prix records. Un vulgaire stylo à bille coûte, aujourd’hui, dix fois le prix qu’il avait il y a dix ans. Cela sans présenter la qualité requise (l’encre se vide très rapidement et la durée de vie est très courte). Une rame de papier coûte jusqu’à trois fois son prix d’avant 2011.

Ces pratiques existent, souvent, dans nos librairies, qui n’écoulent pas, nécessairement, des produits officiels et contrôlés. Loin de tous les regards, nombreux sont les libraires qui recourent à des pratiques qui n’avaient pas cours avant. 

Avec l’arrivée du mois de Ramadan, tous les commerçants se préparent à mener, tambour battant, des opérations de hausses des prix sans limites. Ils sont déterminés, comme chaque année, à «faire le plein» et à profiter de la manne ramadanesque qui provoque une frénésie des achats chez tous les consommateurs. Ces derniers sont peu regardants en ce qui concerne les dépenses en cette période. Ils ne se rendent pas compte, généralement, des dégâts qu’après coup. Ils ne sont pas capables, ou du moins, ils ne sont pas outillés pour exercer ce droit de regard sur les prix et la maîtrise des circuits spéculatifs. Les autorités, pour leur part, sont loin d’obtenir des résultats concrets sur le terrain, malgré la bonne volonté de certains responsables et des agents du contrôle économique.  Mais il faut dire que ces mêmes autorités ne sont pas suffisamment armées pour lutter contre des individus, passés maîtres en matière de pratiques spéculatives et frauduleuses. Alors que ces gens ont fait évoluer leurs méthodes et techniques pour échapper à la vigilance des contrôleurs, la réglementation et les lois en vigueur pour lutter contre les pratiques malsaines restent limitées et inopérantes.

Pourtant, face à l’émergence d’une nouvelle classe de fraudeurs voire de voleurs, les moyens mis en place doivent s’adapter au même rythme et même anticiper l’apparition d’une nouvelle race de spéculateurs. Les sanctions et les mesures économiques, semble-t-il, n’ont rien de dissuasif, puisque la récidive est monnaie courante. Il serait bon, toutefois, d’adopter une politique plus rigoureuse pour donner à réfléchir à plus d’un de s’aventurer dans le domaine de la triche économique et des infractions.

Une sanction doit être exemplaire ou ne l’est pas.

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