Accueil Actualités Développement rural : La Tunisie plaide pour une action concrète au sein de l’Aardo

Développement rural : La Tunisie plaide pour une action concrète au sein de l’Aardo

Assurer une agriculture plus durable et solidaire, c’est garantir l’autonomie alimentaire et préserver la stabilité sociale. Face aux secousses du marché mondial, ces choix ne sont plus de simples alternatives, mais une nécessité.

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, a exhorté l’Organisation africaine-asiatique du développement Rural (Aardo) à mettre en place des projets pilotes efficaces dans les pays membres. Son appel a été lancé lors de l’ouverture de la 21e plénière du congrès de l’organisation, qui se tient à New Delhi, en Inde, du 21 au 24 février 2025.

Lors de son intervention, le ministre a souligné l’importance de la coopération entre les pays membres pour favoriser l’échange d’expériences et de bonnes pratiques en matière d’agriculture. Il a insisté sur le rôle stratégique de l’Aardo dans l’accompagnement technique des cadres nationaux et le soutien au développement rural, en particulier face aux défis croissants liés aux changements climatiques.

Une approche durable face aux défis climatiques

Préserver les ressources naturelles et bâtir un avenir durable pour les générations futures relèvent aujourd’hui d’une nécessité plus que d’un choix. Dans son discours, le ministre a souligné combien l’agriculture doit s’adapter aux défis climatiques en misant sur des approches plus résilientes. L’agriculture écologique, qui concilie productivité et respect des écosystèmes, en fait partie, tout comme une gestion plus réfléchie des ressources en eau. Face aux aléas environnementaux, ces pratiques apparaissent non comme des solutions théoriques, mais comme des réponses concrètes déjà expérimentées sur le terrain.

Vivre dignement de son travail

Loin d’une vision folklorique réduisant la ruralité à son terroir, son artisanat ou encore ses paysages pittoresques, le monde rural est avant tout un espace de défis, de production, de résistance et d’innovation. C’est là que se joue une grande partie de la sécurité alimentaire, que se tissent des équilibres sociaux souvent fragiles et que s’inventent de nouvelles manières de produire et de vivre. Dans de nombreux pays, la diversification des activités rurales et l’accès à des financements adaptés ont permis d’inverser la tendance à l’exode et de redonner une dynamique économique aux territoires délaissés. Considérer la ruralité sous cet angle, c’est la reconnaître comme un moteur de transformation et non comme un simple héritage du passé.

Les questions ici sont les suivantes : un agriculteur ou un éleveur tunisien peut-il vivre dignement de son activité ? Peut-il transmettre à ses enfants l’envie de rester sur leur terre après leurs études pour développer, avec fierté et enthousiasme, l’exploitation familiale ?? La réponse à ces questions jette une lumière crue sur la réalité de la situation agricole nationale.

Souveraineté alimentaire et stabilité socioéconomique

Le lien entre souveraineté alimentaire et prospérité agricole est indissociable. En renforçant les capacités des populations rurales locales, il devient possible de limiter l’exode vers les zones urbaines et d’assurer un développement économique équilibré. L’exemple du Maroc est révélateur. Grâce à son Plan Maroc Vert, le pays a favorisé une agriculture plus résiliente, amélioré les rendements et renforcé la production locale, réduisant ainsi sa dépendance aux importations. De même, en Égypte, l’adoption de techniques d’irrigation plus efficaces et la valorisation des cultures stratégiques ont permis de stabiliser les revenus des agriculteurs tout en optimisant l’usage des ressources en eau.

Ces initiatives démontrent que des politiques agricoles ambitieuses, combinées à des investissements ciblés, peuvent atténuer les effets des crises géopolitiques sur l’économie nationale. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a révélé la vulnérabilité des pays fortement dépendants des importations de céréales, comme la Tunisie.

De de fait, renforcer la production nationale et privilégier les circuits courts, c’est offrir à nos agriculteurs les moyens de maîtriser leur destin et aux citoyens la sécurité de savoir d’où vient leur nourriture. Et face aux secousses du marché mondial, ces choix ne sont plus de simples alternatives, mais des nécessités. Assurer une agriculture plus durable et solidaire, c’est garantir progressivement l’autonomie alimentaire et préserver la stabilité sociale. C’est permettre à chaque paysan de vivre dignement de son travail, et à notre nation de bâtir son avenir sans craindre le prochain bouleversement géopolitique.

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