La transplantation d’organes commence à retrouver son rythme. En seulement deux jours, quatre opérations de greffe d’organes à partir d’un donneur en état de mort cérébrale ont été effectuées toutes avec succès

« Les opérations de greffe d’organes ont bel et bien repris en Tunisie. D’ailleurs, 29 greffes du rein et 7 greffes du foie ont été pratiquées avec une grande réussite depuis le début de l’année », annonce Tahar Gargah, directeur du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes

Le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (Cnpto) a annoncé la réussite de quatre opérations de transplantation d’organes à partir d’un donneur en état de mort cérébrale, effectuées les 26 et 27 mai, suite à l’accord de sa famille. Ce donneur d’organes est parvenu, ainsi, à redonner vie à quatre malades hospitalisés dans différents hôpitaux tunisiens.  

Il est question d’une transplantation cardiaque réalisée au service de chirurgie cardiovasculaire à l’hôpital La Rabta, une greffe du foie au service de chirurgie générale à l’hôpital universitaire Mongi-Slim à La Marsa, une greffe du rein au service de chirurgie des reins et d’urologie à l’hôpital universitaire Charles-Nicolle et une autre au service de chirurgie des reins et d’urologie à l’hôpital universitaire Habib-Bourguiba à Sfax.

Si ces opérations ont réussi, c’est évidemment grâce aux efforts déployés par les équipes médicales, en collaboration avec l’équipe du Cnpto et les directions des différents hôpitaux précités. Dans ce sens, le directeur du Cnpto, Tahar Gargah, s’est félicité de cette opération unique en son genre en Tunisie, remerciant la famille du donneur d’organes d’avoir accepté ce prélèvement et d’avoir fait preuve de courage dans des circonstances difficiles. « Des équipes de médecins, d’infirmiers, de techniciens ont tous répondu présent pour assurer ces opérations, et notamment la première étape consistant à prélever les organes », a-t-il expliqué.  

Le responsable a affirmé dans ce sens que le centre a procédé à la mise en place d’une nouvelle stratégie pour rendre le don d’organes une affaire de société et non pas seulement une question purement médicale. « Nous œuvrons à impliquer la société civile, les médias et tous les ministères pour promouvoir la culture du don d’organes », a-t-il expliqué dans des déclarations médiatiques.

29 greffes du rein depuis janvier

Tahar Gargah a, d’autre part, transmis un message d’espoir aux patients qui attendent toujours une opération de transplantation d’organes, affirmant qu’une nouvelle dynamique est née au sein du ministère de la Santé, pour reprendre le rythme habituel de ces opérations si compliquées. « Nous commençons à constater des prémices d’amélioration en ce qui concerne la transplantation d’organes en Tunisie, notamment avec le réapprovisionnement en produits nécessaires pour les effectuer », a-t-il encore précisé.

« Les opérations de greffe d’organes ont bel et bien repris en Tunisie. D’ailleurs, 29 greffes du rein et 7 greffes du foie ont été pratiquées avec succès depuis le début de l’année », annonce à cet effet le directeur du centre.

Après une interruption de plusieurs mois causée par la pénurie de médicaments et de certains produits, le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes a repris, en avril dernier, les opérations de greffe rénale à partir d’un donneur vivant dans tous les établissements publics de santé agréés par le ministère de la Santé.

Le 25 avril dernier, une première opération de greffe cardiaque a eu lieu, rappelons-le, après 11 ans d’interruption à l’hôpital La Rabta à Tunis. C’est le staff médical du service de chirurgie cardiovasculaire qui a effectué, avec succès, cette greffe à un patient de 40 ans souffrant de problèmes cardiovasculaires.

En Tunisie, l’organisation générale du prélèvement et de la greffe d’organes et de tissus est sous la responsabilité du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes. Ce centre est appelé, dans ce sens, à tenir un registre central, une sorte de liste d’attente sur laquelle sont inscrites les personnes dont l’état de santé nécessite une greffe d’organes et de tissus.

C’est la loi n°91-22  qui régit le prélèvement et la greffe d’organes humains sur le cadavre et le donneur vivant. Il est stipulé qu’un prélèvement ne peut avoir lieu qu’après constatation de la mort encéphalique, c’est-à-dire l’arrêt de la perfusion cérébrale, qui entraîne la disparition de toutes les fonctions cérébrales puis la destruction irréversible du cerveau.

Le personnel médical vérifie tout d’abord la carte d’identité nationale (CIN) du donneur cadavérique s’il est mentionné qu’il est « donneur », le personnel prévient la famille qui ne peut s’opposer au prélèvement. Si aucune mention ne figure sur la CIN, on demande alors l’accord indispensable de sa famille.

De nombreux Tunisiens adultes et enfants sont à ce jour dans l’attente d’une transplantation d’organes. Chacun d’entre nous pourrait se retrouver un jour dans cette situation. Ce type de don est gratuit et anonyme. 

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