ON pourrait évacuer les problèmes de forme qui ne cessent de polluer le paysage politique, mais les questions essentielles pour faire face à une situation sanitaire plus qu’alarmante et un taux d’alerte très élevé dans la plupart des gouvernorats restent toujours sans réponses. La classe politique, toutes tendances confondues, continue à formater les arguments. Elle a toujours le sentiment qu’elle a la meilleure appréciation de la situation, mais le Tunisien est de plus en plus convaincu que c’est pratiquement toujours la même histoire avec les ac- teurs politiques, leurs réactions et leurs rebondissements. Une classe politique qui ne cesse de tomber dans ses travers, tout particulièrement quand il est question de gérer les crises. Chose qui a poussé le secrétaire général de l’Ugtt, Noureddine Taboubi, à proclamer bien haut que « les acteurs politiques sont à l’origine de tous les maux et les catastrophes que connaît le pays ». Plus encore : « Ils sont devenus la risée du monde !»

La plupart des partis politiques se montrent aujourd’hui incollables à leur histoire, mais surtout aux exigences du moment. Incapables aussi de renouveler leur mode d’emploi et leur centre d’intérêt au-delà de ce qu’ils ne cessent de laisser entrevoir. Ils ne donnent pas l’impression d’être conscients des problèmes, encore moins de ce qui attend aujourd’hui le pays. Ils sont l’illustration la plus significative des excès en tous genres, des dépassements et des manquements à différents niveaux. On ne voit pas aujourd’hui ceux qui font vraiment l’unanimité auprès des Tunisiens, et à bien se rendre compte des défaillances et des dérapages, on comprend les raisons qui ont précipité la chute des valeurs. Les risques de tomber au fond du gouffre sont devenus extrêmement élargis. Ce que les Tunisiens ne cessent d’endurer est imputable à ceux qui se voient plus grands que ce qu’ils ne sont vraiment.

Il est devenu ainsi facile de spéculer sur tout ce qui a rapport avec le quotidien des Tunisiens, même sur leur santé. Chaque partie veut accaparer le mérite de telle ou telle action dans la gestion de la crise sanitaire, mais sur le terrain, tout ce qui y est entrepris est loin de rassurer.

Que ce soit sur le plan sanitaire, ou politique, économique et social, la Tunisie est en danger. Cela provient tout particulièrement des personnes qui s’érigent en «protecteurs ». Voilà qui désapprouve un milieu de plus en plus dépassé par le cours des événements. L’optimisation négative et extrême de presque tous les paramètres de fonctionnement des rouages de l’Etat fait sens d’un environnement marqué à la fois par les insuffisances et les manquements.

Finalement, la conclusion à laquelle nous sommes arrivés, après dix ans d’égarement et de confusion, est que les sacrifices consentis n’ont pas eu visiblement de retour. Même chose pour la rentabilité de ce qui a été entrepris jusque-là et qui est proche de zéro.

C’est le moment d’agir. Il est impératif aujourd’hui de mettre fin aux dérives liées à des hommes qui se croient intouchables…

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