La Tunisie, qui était le grenier de Rome, est devenue largement dépendante dans certaines filières comme celle des céréales. L’Etat est obligé d’importer chaque année de grandes quantités de céréales car la production nationale n’est pas en mesure de satisfaire tous les besoins de consommation. Malgré l’utilisation des semences sélectionnées et l’amélioration de la rentabilité, la production céréalière reste en deçà des besoins. Le déficit dans cette filière est devenu structurel et l’Etat est obligé de dépenser des sommes faramineuses pour acheter ce dont il a besoin. avec le fléchissement du taux de change, la situation est devenue plus difficile.

Les prix des céréales au niveau mondial connaissent une fluctuation constante avec une révision des prix à la hausse qui sont sup- portés par le budget de l’Etat. Mais les importations ne concernent pas uniquement les céréales. D’autres produits agricoles sont achetés du marché mondial comme, à titre d’exemple, les pommes de terre et les viandes rouges. C’est dire que l’agriculture tunisienne souffre depuis des années d’une crise pro- fonde qui a eu des répercussions négatives sur l’économie, d’une façon générale. Plus grave encore, certaines superficies de grande culture ont été endommagées par les incendies déclarés dans certaines régions productrices.

Cela constitue un manque à gagner aussi bien pour l’agriculteur qui a consacré des mois à cultiver sa terre qu’à l’Etat. D’où la nécessité de faire preuve de plus d’attention pour éviter ces embrasements sur les terres agricoles. Certaines opérations destructrices sont faites par des gens malintentionnés qui n’hésitent pas à brûler les terres agricoles. a cela s’ajoute l’endette- ment d’un grand nombre de petits et moyens agriculteurs qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et vivent dans des conditions déplorables. L’agriculture doit rester le pilier de l’économie nationale vu son rôle dans la sécurité alimentaire et les recettes en devises.

Quant aux produits exportés, on peut citer l’huile d’olive, les dattes et les produits de la pêche. La Tunisie est appelée à diversifier ses exportations agricoles en se tournant davantage vers les produits du terroir. Chaque région dispose d’une multitude de produits à valeur ajoutée qui peuvent être exportés dans les quatre coins du monde moyennant la mise en place d’une stratégie marketing agressive mettant en valeur nos produits agricoles.

Il est possible ainsi de commercialiser à grande échelle les produits biologiques qui sont très bien vendus dans le monde vu leurs vertus sur la santé et l’environnement. La Tunisie a les capacités de développer son agriculture en renforçant l’offre pour satisfaire les besoins du marché local et dégager des quantités à exporter. La situation des agriculteurs doit être améliorée en surmontant les difficultés en suspens afin qu’ils se consacrent à la production en assurant le saut qualitatif et quantitatif escompté.

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