Dans une impasse. Hélas, nous le sommes et depuis un bon bout de temps. Disons plutôt dans un sale pétrin, car l’argent commence inexorablement à manquer et tout va s’écrouler, et les espoirs pour que la situation puisse rapidement s’améliorer sont faibles.

La crise politique, née en 2011, a atteint son apogée ces derniers mois et elle semble s’éterniser. Alors que le pays coule, le chef de l’Etat continue de lire Cervantès et celui du parlement, machiavel. Quant à celui du gouvernement, il est plutôt en train de lire Hugo. Des emplois partent en fumée et des entreprises aussi.

En l’absence de liquide, l’arbre économie ne pourrait plus fleurir et donc donner des fruits. Ligoté et tourmenté, le gouvernement se débat pour essayer de ramener quelques gouttes de-ci de-là. Et l’on sent qu’il est terriblement seul face à tous ces vautours qui rodent au- tour de lui en perspective de le dépecer. Cela ne veut pas dire qu’il est totalement victime des circonstances, mais celles-ci sont tellement méchantes qu’il ne pouvait que tomber dans l’impuissance.

En 2011, cela ne pouvait plus continuer comme cela était. En 2021, cela doit s’arrêter. Le processus révolutionnaire avorté, le processus de transition démocratique grippé et surtout vidé de son sens, l’économie déjà fragile avant 2011, quasi détruite, nous voilà dans l’œil du cyclone.

Un formidable gâchis, voilà ce que certains ont offert au pays,
un mélange tragicomique de déceptions et de rendez-vous ratés, de coups bas et de trahisons. Personne ne peut plus réfléchir pour mieux agir, c’est la foire d’empoigne. L’Etat chancelle, il risque de tomber. Une vraie descente aux enfers.

Aujourd’hui, alors que certaines régions du pays croulent sous les rafales meurtrières du covid-19, l’on sent le poids de l’injustice qui a régné dans ce pays depuis l’Indépendance de façade, le poids du mépris de gouvernants plus soucieux de garder le pouvoir que de servir le pays, pour les régions de l’intérieur et leur iniquité quant à la redistribution des richesses.

L’on sent aussi avec une forte amertume le poids de l’injustice sociale et les écarts énormes entre les pauvres, dont le nombre ne cesse d’augmenter et les riches qui étalent sans vergogne leurs richesses. Une paupérisation criminelle de la population et un enrichissement rapide et ostentatoire qui ne laisse soupçonner que des pratiques mafieuses en sont la cause.

Mais le plus inquiétant est cet appauvrissement culturel, cette ignorance galopante, cette fragilité mentale qui est en train de livrer le peuple aux manipulateurs de tout bord, y compris ceux qui recrutent pour les bandes criminelles et les sectes religieuses.

Ce qui inquiète aussi, c’est cette propension à l’anarchie et au vandalisme, physique et moral. Cette gabegie qui s’est implantée dans les esprits, les foyers, les institutions censées être éducatives, dans la rue, dans les lieux ouverts au public, dans les administrations, dans les entreprises économiques, dans les associations et au sein-même des institutions représentant les trois pouvoirs.

Une gabegie qui frôle le suicide à tous les niveaux et dont l’expression la plus visible se rencontre dans le comportement de la population face au fameux virus. Une population livrée à elle-même depuis des décennies, mais qui était embrigadée par un pouvoir autoritariste jusqu’à fin 2010, début 2011. L’enclos détruit, le troupeau s’est enfui et depuis, il erre dans la nature.

Le salut ne peut venir que sous forme d’un sursaut et c’est le chef de l’Etat en tant qu’institution qui peut le déclencher en décrétant la mobilisation générale de la population et en réunissant les différentes forces politiques et sociales au tour d’une table. Le ballon est dans son camp, il doit revoir sa copie et sa manière de voir les choses et de prendre des décisions et bien se rappeler que l’histoire ne pardonne pas.

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