LA politique d’enfermement dans laquelle se réfugient la plupart des partis politiques et la fuite en avant à travers laquelle ils s’éloignent de plus en plus de leurs responsabilités renvoient l’image d’un paysage coupé de la réalité. Au moment où les efforts devraient être axés sur la lutte contre la pandémie, au moment aussi où la Tunisie occupe le premier rang du taux de mortalité, l’ambiance à l’ARP continue à se dégrader d’un jour à l’autre. On ne saurait suffisamment l’exprimer, mais tout ce qui est entrepris à l’hémicycle est entré aujourd’hui dans une phase de décomposition. Les représentants des différents partis politiques  s’amusent à se renvoyer l’ascenseur et à fuir ainsi leurs responsabilités. Pire que le désaccord et la guerre des accusations, c’est une stratégie de mauvaise foi, un aveu d’incompétence et de faiblesse.

Une  image brouillée s’est imposée progressivement au Parlement, notamment quand celle de la majorité des parties concernées est entachée d’un manquement évident. On ne fait plus en effet honneur à une institution qu’on semble de plus en plus gâcher sans y prendre garde. Ils sont tous allés trop loin. Ce n’est malheureusement pas une surprise. Les députés se sont ainsi fait entraîner dans une spirale à multiple facette: politique, morale, éthique, humaine. Les dérapages, les manquements et les excès de part et d’autre traduisent beaucoup d’inquiétude sur la façon dont les élus du peuple agissent et se revendiquent.

Il arrive que la politique cesse parfois d’être morale. Surtout lorsqu’elle émane de parties emblématiques. Des dérapages, aussi cruels soient-ils, participent ainsi à lui donner une certaine insipidité. Mais il faut reconnaître que les prémices de cette dégénérescence s’étaient manifestées de manière assez nette tout le long de la dernière décennie et que rien n’a été entrepris depuis pour y faire face. Les principes, les valeurs et l’honnêteté  avaient commencé à en pâtir et personne ne voulait en convenir. Par crainte? Par égarement ? Par intérêt ?

Nous déplorons aujourd’hui qu’il n’y ait eu personne pour avertir avant et pour rappeler à l’ordre après. Au fil du temps, tout ce qui se conçoit au Parlement est devenu une crainte avérée. L’institution parlementaire a perdu sa vocation et surtout le modèle auquel les députés devaient en principe s’identifier.

L’on ose admettre que la vie politique n’est pas simple. Elle ne l’est pour aucun parti, pour aucune institution. Et pas davantage pour les acteurs d’aujourd’hui. Il n’en demeure pas moins qu’on ne voit pas comment les débats à l’ARP sont tombés si bas sans qu’on n’ait pris les mesures nécessaires pour y faire face. Pour avoir subi sans relâche les mauvaises manières, avec des intrus, dont on connaît à peine le nom, le parcours et encore moins le mérite, le Parlement se heurte aujourd’hui  à un déficit de crédibilité. Ce qui constitue une menace majeure pour le présent et pour l’avenir de toute l’institution.

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