Deux-cent cinq décès en 24 h, un taux d’incidence alarmant et des lits de réanimation saturés. Plus grave encore : le taux de guérison régresse dans certaines villes. Les chiffres communiqués par le ministère de la Santé font état d’un taux d’occupation de 100% des services de réanimation dans dix gouvernorats. Pour ce qui est des lits équipés d’oxygène, cinq gouvernorats, à l’instar de Sidi Bouzid, La Manouba et Nabeul,  affichent des taux d’occupation supérieurs à 100%. 

Aujourd’hui, la lutte contre le coronavirus émerge d’une sorte de miracle au quotidien. Elle doit être non seulement l’expression d’un combat à mener sans la moindre retenue, mais aussi une rupture totale dans la gestion de la pandémie. Il ne s’agit plus de parler d’échec ou de réussite, mais plutôt de favoriser l’optimisation extrême de presque tous les paramètres de la stratégie sanitaire. 

Les mesures de prévention et l’impératif de la vaccination appellent à une mobilisation inconditionnelle et à toute épreuve. Mais en l’absence de décisions tranchantes et d’une gestion adéquate de la crise sanitaire, le sens exacerbé des responsables, souvent surmultiplié par le milieu ambiant, a transformé ce qui n’était qu’une stratégie de lutte contre le virus en faits les plus inconséquents.

Il faut dire que depuis quelque temps, les erreurs se multiplient. Des décisions pas vraiment au niveau escompté ou loin de ce qu’on espérait. Dans le lot, et sans être totalement exhaustif, les mauvais choix sur lesquels repose la stratégie sanitaire sont faciles à détecter. Les véritables besoins et impératifs sont toujours ignorés sous l’effet d’arguments erronés. En l’absence d’une vision claire, l’on se trompe encore sur les priorités, les tenants et les aboutissants de la crise sanitaire.

Face à un virus en mutation constante, l’on ne sait plus comment imposer les décisions les plus conséquentes. Les défaillances trouvent leur origine dans le déficit d’autorité et l’incapacité à faire respecter les décisions. Dans les choix stratégiques, dans la mise en place d’une stratégie cohérente et rationnelle, beaucoup de choses sont à revoir. Ce qui a été entrepris jusque-là par des demi-mesures s’est avéré inadapté, dénué, incomplet et dans les meilleurs des cas un simple palliatif.

La Tunisie s’enfonce dans une spirale sanitaire négative malgré les énormes moyens investis. Mauvaise approche, gestion défaillante, impuissance dans l’application des mesures de prévention, les maux sont devenus récurrents, avec un avenir en pointillé.

Il est nécessaire aujourd’hui de favoriser les solutions déterminantes dans le choix des stratégies et dans la définition des priorités. Une véritable bataille à mener. Elle devrait être notamment destinée à remettre les choses à leur juste place. La vie des Tunisiens ne peut plus continuer à être l’otage des considérations individuelles ou personnelles de certaines parties.

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