L orsque l’on associe politique et corruption, certaines parties nous viennent directement à l’esprit. Les révélations du Président de la République accusant de hauts responsables d’avoir détourné des dons étrangers destinés à la Tunisie en les plaçant dans des banques étrangères ne plaident pas en faveur d’une réputation sans tache pour différents acteurs politiques et parties prenantes. Ce n’est malheureusement pas une surprise. Les travers étaient nombreux et bien connus. Dans tous les cas de fi gure, l’immunité de ceux qui se croyaient intouchables était de mise. Et au vu de tout ce qui a accompagné les années post-révolution, tout était sujet à des pratiques douteuses qui ont fait de l’action politique une source de corruption et d’enrichissement illicite. Une décomposition et un dérèglement qui avaient une fâcheuse tendance à se robotiser dans les affaires politiques. Leur expansion en même temps que leur propagation s’inscrivaient dans un raisonnement tout aussi regrettable: l’immoralité et la perversion au prix fort. L’action politique n’était plus une référence de conscience et d’exemplarité, mais surtout de rémunération et de compte bancaire !… Elle génère tellement d’argent que chacun de ses aspects attirait des personnes malhonnêtes et provoquait les tentations. Tant qu’il y avait de l’argent sur et sous la table, la dénaturation politique tournait à plein régime. L’absence d’instances et de moyens de contrôle a fait que, pendant plus de dix ans, on était en présence de pratiques qui ne disaient pas leur nom dans un milieu où l’argent était devenu maître absolu. Au nom de la révolution, se cachait une corruption maladive. Le recours à des méthodes controversées et illicites a compromis la crédibilité de la plupart des acteurs politiques.

Les zones d’ombre font encore état aujourd’hui d’un manque évident de transparence et de clarté. Mais au fi l des années, les langues semblent se délier peu à peu et les enquêtes se succèdent pour révéler des comportements déviants. Le gâchis prend cependant davantage une autre dimension lorsque, presque mot pour mot, nous entendons le même discours, la même démagogie, le même populisme de la part de ceux sur lesquels pèsent des soupçons. On se demande quels numéros d’illusionnistes va-t-on nous réserver pour répondre aux révélations du Président de la République ? Quels arguments va-t-on donner pour justifi er l’injustifi able, l’indéfendable ? Ici et là, on cumule les mensonges. Cela dépasse le cadre politique pour atteindre tout un environnement en pleine déviation. On ne sait pas toujours ce qu’il adviendra de ceux qui ont pillé l’Etat et le peuple.

On ne saurait, non plus, s’interdire de penser à tout ce qui aurait dû s’accomplir si les dons avaient été utilisés à bon escient. Le Président de la République promet qu’il ne tarderait pas à révéler les noms des personnes impliquées. L’on continue cependant à croire que la crise de confi ance et de valeur refl était au fait une réelle crise de gouvernance.

Autant dire aussi que plusieurs parties en avaient fortement abusé. Inutile de préciser que le phénomène profi tait à tous ceux qui se considéraient audessus de la loi. Il ne faut pas s’en étonner, car le cœur de l’action résidait dans cette tendance à aveugler l’opinion publique

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Un commentaire

  1. Régis

    29/08/2021 à 12:06

    Bon sang de bois, il doit bien exister dans ce pays un ministère, un organisme ou un citoyen éclairé qui a fait le recensement exact de tous les dons, subventions, allocations, prêts …reçus par la Tunisie depuis 2011 !
    Il faut publier ces chiffres !

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