Le constat peut ne pas surprendre. D’ailleurs, il ne choque pas, dans la mesure où il y a de ces comportements qui, non seulement opposent bonne et mauvaise conduite, mais qui sont aussi loin d’être un modèle de vertu. Que nous y soyons préparés ou pas, certains perdent encore une fois l’occasion de se taire et voilà qu’apparaissent de nouveau les dérapages sur lesquels les débats s’ouvrent encore une fois. Le paysage politique tunisien reste ainsi capable de surprendre avec son incroyable faculté à se prêter à toutes les irrégularités et à toutes les dérives. Le pire et presque jamais le meilleur. Il y a, en fait, tout un sujet de réflexion à faire à ce propos. Des interrogations auxquelles on ne trouve pas de réponse, mais qui en disent long sur le désarroi et la hantise de ceux qui n’arrivent pas à s’adapter à l’après-25 juillet et à accepter la volonté du peuple. On assiste aujourd’hui à une campagne particulièrement orientée vers l’excès et le déni, voire le procès de l’autre. Ceux qui se permettent ce genre de débordement associent avec imprudence vérité et contre-vérité. Ils en font un prétexte, voire parfois une raison pour tromper l’opinion publique. C’est la réaction devenue aujourd’hui inévitable chez certaines parties qui, en l’absence des dispositions requises, n’ont jamais réussi à aspirer à un nouveau statut.

Il est toujours bon de rappeler qu’il y a dans le paysage politique, comme on a toujours pu le remarquer, un turnover, notamment  chez ceux qui  continuent à s’intéresser à la chose politique sans en avoir vraiment le profil. Ils ont conscience d’un tel privilège, mais ils ne le méritent pas, car ils se montrent toujours incapables de renouveler leur centre d’intérêt au-delà de ce qu’ils ne cessent de prétendre. Incapables, mais aussi indifférents face aux aspirations et aux attentes des Tunisiens. Pourquoi éprouvent-ils le besoin et le désir de parler aujourd’hui du bien-fondé de l’Etat ? Pourquoi dénigrent-ils ce que le peuple a hautement approuvé ? Comment interpréter l’appel d’un ancien président de la République à la démission ou au limogeage de l’actuel Président en exercice, du reste fort de ses trois millions d’électeurs ? On l’a compris,  entre un Président élu au suffrage universel par des électeurs conquis et un autre choisi par des députés qui ont constitué pendant trois ans une entorse aux principes de tout le processus démocratique, la différence est évidente, voire énorme.

Il y a ceux qui ont  pris l’habitude de se contempler dans une certaine spécificité en matière de sinistrose et d’alarmisme. Ils ne retiennent que le négatif et rien ne semble les convaincre tant qu’ils n’y sont pas impliqués. Saïed reste leur cible privilégiée, même si plus personne ne semble s’intéresser à ce qu’ils prétendent, ou même à ce qu’ils préconisent, ou encore leur accorder la moindre attention.  Finalement, on ne s’étonne pas des arguments et des justifications lancés ici et là au moment où leur présence, et même leur « compétence », ne sont plus souhaitées…

  

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