« La révision de la législation actuelle relative à l’éducation est nécessaire, compte tenu des exigences motivées, d’une part, par l’évolution importante et continue que connaît le domaine de l’éducation et des sciences cognitives et, d’autre part, par la mutation opérée sur la société tunisienne dans les domaines social, culturel, économique et politique et également par les règles de la bonne gouvernance »


L’Association tunisienne des parents et des élèves a déposé hier, mardi 19 Octobre, une lettre adressée à la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden,  et dont l’objet porte, comme à l’accoutumée, sur un sujet de prédilection, à savoir la réforme du système éducatif et le sauvetage de l’école publique.

Une lettre à laquelle étaient joints un projet de texte de loi et un code de l’éducation et de l’enseignement,  pour asseoir les fondements de l’école de demain.

« La révision de la législation actuelle relative à l’éducation est nécessaire, compte tenu des exigences motivées d’une part, par l’évolution importante et continue que connaît le domaine de l’éducation et des sciences cognitives et, d’autre part, par la mutation opérée sur  la société tunisienne dans les domaines social, culturel, économique et politique et également par les règles de la bonne gouvernance », déclare Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élève à La Presse.

« Et comme la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation devrait prendre du temps, il a été proposé par la même occasion un plan d’intervention à court et à moyen termes, avec une vingtaine de mesures qui peuvent être mises en application dans l’immédiat ou s’inscrire dans une perspective d’avenir proche », ajoute-t-il. 

« Le fruit d’un travail de plusieurs mois »

C’est le cas, par exemple, de la résolution du problème des langues d’instruction, de la généralisation de la phase préscolaire, de l’amélioration des capacités de lecture, d’écriture, de la compréhension et du calcul des élèves, à partir des petits âges et dans les petites classes, de l’amélioration de l’infrastructure des établissements scolaires, de l’implication des parents et de la société civile dans la gestion du projet de l’école, de la lutte contre la violence scolaire, de l’adoption d’un comportement responsable et solidaire vis-à-vis des élèves en difficulté, etc.

Le projet du Code et les mesures qui l’accompagnent représentent le fruit d’un travail de plusieurs mois mené, par un groupe de parents volontaires, altruistes et connaisseurs du domaine de l’éducation, de diverses spécialités. Un travail consigné sur plus de 120 pages a été confié à la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden.

Dans le même contexte, l’Association réitère sa demande pour la concrétisation, « en toute urgence », de l’intention du Président de la République de créer un Conseil national de l’éducation et de l’enseignement en suggérant d’étendre ses attributions et sa dénomination pour inclure la formation professionnelle qui interagit fortement comme l’enseignement supérieur avec l’enseignement scolaire.

Selon le président de l’Association, en lui confiant la mission du pilotage de la réforme, « ce Conseil permettra de sortir de la dualité tutelle- syndicats au niveau de la gestion du secteur constatée aujourd’hui et depuis plusieurs années. Une dualité, à l’origine du surplace et du statu quo dont souffre le dossier depuis une décennie au moins, qui, en fait, n’a jamais quitté le cadre des revendications syndicales, professionnelles et sociales ».

De ce fait, le Conseil de l’éducation et de l’enseignement permettra d’associer toutes les parties et spécialités concernées, et elles sont nombreuses, pour la mise en œuvre de la politique de l’éducation, de l’enseignement et de la formation professionnelle, en garantissant leur parfaite harmonie et leur convergence pour relever les défis auxquels la Tunisie est confrontée, veiller à leur bonne exécution et assurer leur contrôle et leur évaluation d’une façon permanente et objective.

Par ailleurs et toujours selon Ridha Zahrouni, l’Association a rappelé dans sa lettre que la réussite de la Tunisie dans sa progression sociale, économique, culturelle et dans sa lutte contre tous les phénomènes négatifs qui rongent la société, y compris la corruption sous toutes ses formes, passe impérativement par la réussite de la réforme du système éducatif et le sauvetage de l’école publique. « C’est notre mission à tous, pouvoir politique, décideurs, professionnels, spécialistes, parents et société civile. C’est notre devoir envers les générations présentes et futures et notre responsabilité à tous à la fois politique, morale et humaine ».

J.M.

Charger plus d'articles
  • L’embrasement

    IL  y a dans le paysage politique une particularité qui engendre la dérive, une initiation…
  • Crimes électoraux : Une lenteur coupable ?

    Même si on ne parvient toujours pas à trancher la question des crimes électoraux, il serai…
  • Ils n’en démordent pas

    Il est toujours bon de le rappeler : il y a dans le paysage politique, comme d’ailleurs da…
Charger plus par Jalel MESTIRI
Charger plus dans à la une

Laisser un commentaire