Que peut-on attendre d’un jeune qui n’a jamais travaillé, qui passe ses plus belles années dans la recherche constante d’un emploi sans y aboutir et qui vit dans une situation qui l’expose en permanence à toutes les menaces des maux de la société ?      

Le déséquilibre entre l’offre et la demande en matière d’emploi se creuse de plus en plus. Il a ses spécificités en Tunisie et son expansion, en  même temps que sa propagation, suivent un raisonnement regrettable, essentiellement dans un contexte défavorable, où l’on ne considère plus le travail comme étant une valeur personnelle, sociale, identitaire et économique.

Les incidences de ce déséquilibre grandissent. Elles sont en train de déstabiliser la société dans ses fondements et dans ses valeurs. Elles participent au blocage du développement économique.  Elles touchent pratiquement toutes les catégories sociales, aussi bien les diplômés que ceux dépourvus de diplômes, garçons et filles, jeunes et moins jeunes. Il est devenu pratiquement difficile de résoudre une équation presque impossible entre l’offre et la demande.

Le nombre de chômeurs est aujourd’hui estimé à 762.600 du total de la population active, soit 16.000 chômeurs de plus sur le marché du travail par rapport au premier trimestre 2021. Les taux de chômage les plus élevés sont enregistrés dans les régions de l’Ouest et du Sud tunisiens : Nord-Ouest (33,0%), Sud-Ouest (26,3%), Centre-Ouest (23,0%) et Sud-Est (22,5%).

Il faut dire qu’au-delà des statistiques et des constats, le faux et l’usage de faux continueront toujours à peser, voire à conditionner la réalité du marché du travail tant qu’on n’a pas trouvé les solutions adéquates, tant qu’on n’a pas pris les décisions nécessaires et qui s’imposent. Mais surtout tant qu’on n’a pas rectifié le tir, notamment après les recrutements hasardeux, injustes et illégaux opérés tout le long des premières années de la Révolution. Dans ce registre, l’on ne manque pas d’évoquer l’esprit de favoritisme et de compensation qui a permis à des milliers de personnes d’accéder à des postes, voire des responsabilités, dans la fonction publique, sans en avoir le profil, le mérite et encore moins la vocation. L’on ne manquera pas aussi d’évoquer les diplômes falsifiés qui ont causé des manipulations des bases de données et des emplois fictifs, notamment dans des ministères aussi sensibles que ceux de l’Education et de l’Enseignement supérieur.

Des responsables au sein du ministère de l’Education sont aujourd’hui impliqués dans le recrutement de plus de cent enseignants non qualifiés. En attendant que d’autres départements et d’autres administrations passent au crible dans la guerre contre la corruption menée par le Président de la République.

C’était malheureusement la face cachée d’un processus et des pratiques minés par une dénaturation professionnelle et dans laquelle se profilaient les dessous d’un environnement politique dénaturé, d’un abandon évident des principes du mérite, de la qualification et de l’aptitude. 

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