Le chômage des diplômés : Faut-il se résoudre au travail indépendant ?

Les chiffres en lien avec le chômage se bousculent dans nos têtes. On ne sait à qui se fier. Officiellement, l’Institut national de la statistique soutient le taux de 18.4 % au niveau national avec des disparités pouvant atteindre le double dans les régions.

On ne serait pas loin du million de chômeurs pour l’ensemble de la population active. Mais ce chiffre reste aléatoire quand on apprend qu’il y aurait un autre million à ajouter du fait de la  faillite ou du dépôt de bilan de plusieurs entreprises et de travailleurs indépendants, consécutif à la pandémie du covid-19.

L’acuité du problème se fait sentir beaucoup plus avec les diplômés du supérieur et la question du blocage de la loi 38 relative au recrutement exceptionnel d’un grand nombre d’entre eux dans la fonction publique.

Reconversion et flexibilité

L’Etat se trouve confronté à une crise insoluble. Les 600.000 demandeurs d’emploi, environ, ne voient aucune issue à leur situation. Aucun gouvernement n’a entamé une politique sérieuse pour apporter une réponse à ces jeunes diplômés; aucune stratégie n’est prévue dans ce sens. Tous les responsables sont acculés à gérer la crise et à la faire durer. Avec les nouvelles orientations, les espoirs renaissent de voir s’engager des efforts réels pour résoudre cette problématique. Malheureusement, il y a un grand malentendu. Les jeunes diplômés ne voient d’autre issue que dans le recrutement systématique dans la fonction publique. A aucun prix, ils ne sont prêts à se reconvertir et à accepter d’autres voies. Les autorités politiques, pour leur part, n’ont pas de grands choix. La fonction publique est saturée. Durant la décennie en cours, pas moins de 100.000 postes y auraient été créés. 

La pression serait insupportable si on envisageait de nouveaux recrutements. D’où la nécessité pour tous d’opter pour d’autres opportunités et d’assouplir les positions. Si les diplômés chômeurs s’accrochent à la seule option de la fonction publique, il est clair que ce sera l’impasse. Il est temps de se rendre à l’évidence et d’explorer d’autres voies. Les possibilités sont nombreuses. Il suffit d’y croire. Ces chômeurs sont restés, très longtemps, confinés dans une seule vision. Ils ont, du coup, confisqué toutes leurs chances de surmonter ce cap.

C’est l’absence de flexibilité dans leurs positions qui les a amenés à ce point de non-retour. Il n’en reste pas moins que des possibilités de sortie de crise subsistent. Rien ne s’oppose, aujourd’hui, à emprunter d’autres voies. A cet effet, ils sont obligés d’admettre que, pour parvenir à un emploi, il faut accepter autre chose. C’est-à-dire emprunter le chemin de l’initiative privée avec un accompagnement de l’Etat et des milieux financiers.

A notre avis, l’option des terres domaniales ne serait pas la solution. Car, il n’est pas question de brader ces propriétés foncières à des individus ou à des sociétés même avec des garanties. Nous avons constaté les résultats négatifs de cette politique suivie depuis des années.

La création de nouveaux postes d’emploi est possible pour des milliers de jeunes. A condition qu’ils acceptent la reconversion. Pourquoi n’y aurait-il pas le lancement de projets liés aux nouvelles technologies ? L’idée est simple. Tout diplômé pourrait posséder son propre projet. Ce dernier consisterait en un petit commerce qui serait très rémunérateur. 

Des milliers d’emplois sont possibles

L’Etat contribuerait au financement et aiderait au lancement (en facilitant les formalités administratives à l’extrême). 

Contrairement à ces milliers de kiosques anarchiques érigés après 2011, on aurait des constructions analogues, mais plus esthétiques et obéissant aux exigences urbaines. De tels box seraient confiés à tous les jeunes qui voudraient se lancer dans l’aventure. Ces nouveaux entrepreneurs auraient, alors, la possibilité de jouer le rôle de revendeurs de services pour les opérateurs de téléphonie mobile (paiement des factures internet, vente de cartes de recharge…) ou offrir d’autres services comme le paiement (pourquoi pas ?) des factures d’électricité, d’eau, etc. De cette manière, on contribuerait à désengorger de nombreux services. Avec le temps, il sera, également, possible de diversifier l’offre en ajoutant les recharges des comptes des cartes de paiement au lieu d’attendre des heures dans les longues files d’attente. L’idée est à creuser. A bien y voir, il y aurait d’énormes potentialités à dégager.

C’est vers ce genre de filon qu’il faudrait se diriger afin de déceler toutes les possibilités à exploiter. Les schémas classiques ont fait leur preuve. Désormais, il faudra impliquer le jeune lui-même dans la création de son emploi et lui enlever toute idée d’assistanat. Le nombre de postes d’emploi à créer sera substantiel si on prend en compte la répartition de ces nouveaux “recrutés” par gouvernorat, délégation ou imada.   

Quant à d’autres, il y aurait le créneau des cours de soutien payants sous la supervision des inspecteurs du ministère de l’Education. Ainsi, un groupe de ces diplômés qui se sentent cette vocation s’organiseraient  de façon à s’occuper d’élèves ayant des besoins de soutien scolaire. Des locaux aménagés par les collectivités locales ou les autorités régionales leur serviraient à réaliser cette entreprise.

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