Il est vrai que la barre des cinq millions de citoyens complètement vaccinés et des six millions ayant reçu au moins une dose vient d’être franchie. Mais serait-ce vraiment suffisant pour contrecarrer la contagiosité du virus face à une société réticente à la vaccination et à l’heure où les cas augmentent en flèche ces derniers jours ?

Dans un pays comme le nôtre, l’imposition du passe vaccinal comme condition sine qua non pour accéder aux lieux publics divise profondément la société tunisienne. Mais l’accélération inquiétante des cas depuis quelques jours semble montrer que les prochaines semaines pourraient être difficiles et que malgré le contrôle continu, la situation sanitaire actuelle dans notre pays demeure fragile vu le nombre de personnes de plus de 40 ans non encore vaccinées. Pis, avec l’approche progressive de la quatrième vague qui a, bel et bien, commencé à gagner les pays de l’Europe du Sud, le retour à «la vie d’avant» risque d’être compromis par l’arrivée de variants plus contagieux et surtout par l’hésitation d’une partie de la population à se faire vacciner.

Passer la vitesse supérieure…

Certes, la 7e journée portes ouvertes de vaccination massive confirme, d’une part, que l’Etat n’a pas baissé les bras dans cette bataille épidémique et que, d’autre part, les plus récalcitrants sont encore très nombreux. Mais avec une société comme la nôtre, il est clair que ce bras de fer va perdurer et pourrait mal tourner ,puisque la population immunisée risque d’être insuffisante pour mettre un coup d’arrêt à cette circulation. Face à une telle situation, les professionnels du secteur de la santé appellent à la prise de mesures plus strictes pour éviter un ‘’hiver chaud’’.

Certains proposent de rapprocher l’échéance du 22 décembre pour l’application officielle du passeport vaccinal. Pour d’autres, il faut mettre les non-vaccinés devant leurs responsabilités en les confinant ou en rendant payants pour eux tous les frais d’hospitalisation dans les structures publiques en cas de formes graves. Mais pour le Dr Faouzi Addad, professeur de cardiologie au CHU Abderrahmen-Mami (Ariana) et président de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire, il faut aller plus loin que ça et marcher sur les pas de l’Autriche, le premier pays d’Europe à rendre obligatoire la vaccination à partir du 1er février. «Il est possible que cela soit appliqué aussi dans d’autres pays dans les prochaines semaines vu le nombre de cas qui repart à la hausse… C’est la seule mesure efficace, aujourd’hui, pour réduire la circulation du virus et éviter les formes graves… Toutes les études confirment l’efficacité des vaccins et la 3e dose sera importante pour booster notre système immunitaire et avoir une efficacité sur un plus long terme», souligne-t-il, dans une note publiée sur sa page officielle Facebook.

Est-ce de l’innovation ou de la panique ?

Imposer le vaccin à toute la population adulte est une première dans la zone Euro et c’est un pas que d’autres pays aimeraient franchir en réalité. Mais il est possible que cette mesure ne soit pas suivie d’ici à février 2022 à cause des mouvements sociaux et des manifestations quotidiennes qui se déroulent actuellement en Autriche et qui vont sûrement faire vaciller cette mesure. A cela on ajoute la désapprobation du reste de l’Europe qui n’estime pas beaucoup les pratiques du chancelier au pouvoir.

Par ailleurs, les non-vaccinés payent aussi leurs impôts et s’acquittent de leurs devoirs de citoyens comme les vaccinés. Et donc, il n’y a aucune raison de les exclure à l’heure où les vaccinés véhiculent tout autant le virus…, ils ont juste des formes moins sévères généralement (et encore on a tous entendu parler de décès de personnes vaccinées). Mais pour les non-vaccinés, c’est à l’Etat d’aller les chercher, leur parler là où ils sont et donc de les inciter à se faire vacciner car il y a des gens isolés, âgés, qui souffrent de maladies chroniques et qui vivent seuls…Il faut discuter avec les gens jusqu’à arriver à les convaincre…Et il ne faut pas oublier que ce qui nous sauve jusque-là, c’est la PCR obligatoire pour tout le monde (vaccinés ou pas) à l’entrée du pays. On espère qu’on n’arrêtera jamais cette mesure…

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