Par Jalel MESTIRI
Il y a toujours des joueurs prêts à tout faire. A rebondir sur la moindre occasion, à rejaillir à tout moment. Ils sont tout le temps là pour ne rien laisser passer, pour se donner à fond. Parfois en silence, cachant même leur fierté et leur désir de gloire, mais leur rêve est de plus en plus fort, de plus en plus passionnant. Et quand l’opportunité se présente, ils n’hésitent jamais…Aouadhi, convoqué à la dernière minute en sélection pour prendre la place de Ali Maâloul, fait partie en quelque sorte de ces joueurs. Tel qu’on avait pris l’habitude de le connaître, il a une manière assez spéciale de s’assumer, d’interpeller les opportunités, de croire à tout ce qui fait vraiment la différence.
En se passant des services de Maâloul et Ben Youssef, le choix de Giresse confirme l’idée que la concurrence bat son plein au sein de la sélection et que les places sont devenues chères. Il faut dire que la marge de progression, la forme du moment et les dispositions individuelles de chaque joueur ont fini par trancher.
L’équipe de Tunisie est en train aujourd’hui de valoriser ses ambitions et donner un sens à ce qu’elle entreprend. Ses ambitions sont sérieuses, mais surtout aussi légitimes, à l’instar de la victoire obtenue dernièrement face au vice-champion du monde, la Croatie, dans son fief. L’effectif actuel donne ainsi l’impression de pouvoir s’imposer au-delà de ce qui est attendu. On retiendra à l’occasion cette aptitude à aller plus loin qu’on ne pouvait l’imaginer. D’ailleurs beaucoup de nouveaux joueurs font preuve d’abnégation et de détermination. Ils sont aussi décidés à ne pas s’arrêter à mi-chemin. Ce qui a été réalisé jusque-là ne peut être que le début vers de nouveaux exploits et de nouvelles conquêtes. Surtout que la plupart sont dans la force de l’âge et qu’ils sont en mesure de relever les défis auxquels ils sont censés faire face…
La sélection tunisienne se dote ainsi de nouvelles alternatives et ses ambitions grandissent d’une étape à l’autre. Ce qui paraît encore plus certain, c’est que Giresse y est pour beaucoup et que les joueurs n’ont d’autres choix que de l’accompagner.
Ce sont les joueurs les plus déterminés qui améliorent le rendement de l’équipe. Mais le changement pressenti en sélection passe d’abord par davantage de responsabilisation et d’engagement. L’attitude est assurée, ou presque. Il reste toutefois la qualité, c’est-à-dire le talent, mais aussi l’aptitude. Dans les compétitions de haut niveau comme la CAN, on a souvent besoin de cela. La qualité et l’intensité du rendement en dépendent.
Compte tenu de l’évolution de l’équipe et de ses exigences techniques, un nouveau style de management s’est imposé en sélection. La génération d’aujourd’hui n’est pas une génération qui tente de faire de la simple figuration dans la CAN. Si elle se trouve pratiquement dans le même contexte que ses prédécesseurs, elle vise plus haut, plus grand et plus loin.
D’ailleurs, l’on n’hésite pas à remarquer que c’est toute l’équipe qui est aujourd’hui sur une courbe ascendante et plus que jamais significative. Si son évolution et sa progression trouvent leur raison d’être dans les résultats et dans une manière bien particulière d’aspirer à la performance, il y a encore une stratégie à développer et à embellir. Au-delà des victoires, le mérite auquel devraient penser les joueurs concerne la régularité dans le rendement. Cela devrait être une vocation, et plus seulement une alternative.
Une façon bien particulière d’épouser tous les styles, de jouer tous les rôles.

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