Les temps changent, certaines personnes non. Souvent la même réaction, le même discours, le même commentaire, elles ne changent pas grand-chose à leurs habitudes!…. La manière d’aborder les sujets et leur transition est pratiquement toujours la même. Elles en font une fixation et reprennent les mêmes idées, le même discours sur les mêmes sujets, sans diversification d’angle et sans apporter quelque chose de nouveau par rapport à ce qui a été déjà fait et dit. Pire, elles commentent et analysent des fois des événements qu’elles ignorent et dont elles ne maîtrisent ni la portée, ni la signification. Ne dit-on pas que la cruauté de l’homme n’a d’égale que son imagination ?

Mais les Tunisiens ne sont pas dupes. Ils connaissent les raisons qui motivent telle ou telle partie. Ils savent où voudraient en venir la plupart des acteurs politiques dans le but d’en faire un sujet de réflexion et d’analyse. Leurs propos et leurs commentaires n’ont plus aujourd’hui l’impact habituel sur le Tunisien qui entend et voit de tout dans une étrange déflagration et une extravagante cacophonie politiques.

On ne se débarrassera pas certes du jour au lendemain de mauvaises habitudes, d’accumulation de tant de défaillances. Mais l’opacité des faits engendre un constat amer et qui ne pousse point à l’optimisme. Critiquant et mettant en cause, aussi bien par maladresse que par malveillance, tout ce qui se fait actuellement en Tunisie, Rafik Abdesselem évoque le président de la République comme étant « l’homme qui a mis dans sa poche tous les pouvoirs sous prétexte d’un danger imminent. Après avoir goûté aux plaisirs du règne, le voici aspirer à  un régime de gouvernance sur mesure qui lui permettrait de rester à Carthage à perpétuité. La Tunisie est aujourd’hui face à deux choix, celui de l’Etat farfelu du maréchal Ammar et celui de l’Etat du peuple libre et indépendant ».

L’étrange paradoxe

Déféré devant le pôle judiciaire économique et financier, en compagnie de Rached Ghannouchi selon l’avocat Mounir Ben Salha, et accusé d’avoir accepté le financement politique direct par une partie étrangère, Rafik Abdesselem n’est pas le seul à faire du surplace et de la récupération politique.

Sur la même lancée, ou quand l’union fait la faiblesse, Jawhar Ben Mabarek et Seifeddine Makhlouf lui emboîtent le pas. Ils se contentent de critiquer tout ce qui vient sur le passage, de ne retenir que le négatif, sans pour autant proposer des solutions. Ce sont toujours, ou presque, les mêmes arguments et les mêmes justifications auxquels ils recourent.

Comment accorder de la crédibilité à ceux qui, il y a quelque temps à peine, étaient accusés de délits dégradants, pour ne pas dire scandaleux et déshonorants ? Cela tient de l’invraisemblable ! Faut-il rappeler que celui dont le passé n’est pas « clair et propre » n’a pas de légitimité. On aurait aimé que la « philosophie » de l’action politique repose sur l’équation « égalité dans les droits et dans les devoirs. ». Mais de façon générale, on a servi «la soupe» à l’action politique la plus dénaturée, la plus inconvenante. Beaucoup de manquements tournent autour d’un paysage politique volatil. Inconséquent aussi.

Les éclats, que ce soit dans les coulisses ou en public, compromettent de plus en plus l’image de beaucoup d’hommes politiques. L’explication de tout cela est toute trouvée : même s’ils ont presque une priorité sur la scène, la plupart ne sont pas tranchants et décisifs. Leur statut ne dépasse pas celui d’acteurs ordinaires. Des acteurs aux situations désobligeantes, qui ne parviennent pas à justifier leur statut, encore ainsi une situation de plus en plus compliquée.

Il y en a qui n’ont plus de place, d’autres qui sont carrément usés. Alors que la présence de certains est devenue au fil du temps indésirable, pour ne pas dire gênante.

Au fait, la transition démocratique s’est avérée moins propice et moins bénéfique qu’on ne pouvait le penser pour des partis acteurs visiblement incapables de passer de l’autre côté de la barrière. On sait ce que cela risque de générer, mais on ne sait pas suffisamment ce que cela induit concrètement. Alors, il ne s’agit pas seulement de savoir ce que vaut un homme politique, mais de déterminer ce que valent la démocratie et la liberté d’expression, notamment dans un milieu toujours pas suffisamment préparé. C’est le règne de l’énigme et de la confusion…

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