Les images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent d’une situation devenue insupportable et nuisent considérablement à la réputation d’un pays à vocation touristique. Temps d’attente interminable, longues files de voyageurs et manque d’organisation, c’est le constat général fait par de nombreux voyageurs passant par le principal aéroport du pays. Une triste image qui envahit la Toile depuis plusieurs jours.

A quelques jours de la saison touristique, l’aéroport Tunis-Carthage est au cœur des critiques. Alors que le pays s’apprête à accueillir des centaines de milliers de visiteurs cette saison estivale entre Tunisiens résidant à l’étranger et touristes, cette première vitrine de la Tunisie se trouve dans un état lamentable, comme le confirment malheureusement les voyageurs. Attente interminable, mauvais services, propreté et autres, pour certains partir ou revenir en Tunisie peut à tout moment basculer dans une mauvaise expérience. Dans cette situation qui ne cesse de provoquer le désarroi des Tunisiens, mais aussi des visiteurs étrangers, la compagnie aérienne Tunisair et ses services n’y sont pas pour rien.

Ces derniers jours, alors que le pays compte lancer une saison touristique qui s’annonce plutôt prometteuse, les voix critiquant les services dans l’aéroport Tunis-Carthage sont devenues nombreuses. Les images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent d’une situation devenue insupportable et nuisent considérablement à l’image d’un pays à vocation touristique. Temps d’attente interminable, longues files de voyageurs et grand manque d’organisation, c’est le constat général fait par de nombreux voyageurs passant par le principal aéroport du pays. Une triste image qui envahit la Toile depuis plusieurs jours.

Au fait, cet aéroport international était toujours au cœur du débat, notamment au vu des services qu’il assure. Rien que pour jeudi dernier, des passagers en provenance de pays divers se sont plaints, des délais d’attente devenus trop longs, pour entrer ou sortir de la Tunisie.

« Contrôle de police et des douanes pendant trois à quatre heures, c’est inadmissible, certains ont dû rater leurs vols, cet aéroport est une catastrophe », dénonce un voyageur, laissant croire que l’aéroport Tunis-Carthage est l’un des pires au monde. « J’ai visité plusieurs villes même en Afrique et en Asie, mais je n’ai jamais vu de telles conditions de voyage, c’est une honte », témoigne-t-il.

Au fait, la situation de cet aéroport dérange également les professionnels du transport aérien. Depuis plusieurs semaines, Chorki Zarrad, le directeur général adjoint de Nouvelair, pointe du doigt une mauvaise gestion de cet aéroport qui risque, selon ses dires, de bousiller tous les préparatifs au lancement de cette nouvelle saison touristique.  « Les conditions d’accueil des visiteurs et des voyageurs risquent de nous faire perdre toute la saison », a-t-il mis en garde, appelant les autorités à revoir tout le système de gestion des aéroports tunisiens.

Arrivé à saturation !

A l’origine de cet état, la saturation de l’aéroport de Tunis-Carthage que les autorités aéroportuaires préfèrent exploiter presque exclusivement, ignorant les autres aéroports comme Sfax, Tozeur, voire les aéroports d’Enfidha et de Monastir. En effet, alors que la demande sur la destination augmente de manière considérable, notamment pendant l’été, l’aéroport Tunis-Carthage, de par sa capacité d’accueil, ses services, son personnel réduit ne parvient pas à répondre à cette forte demande. Dans une déclaration accordée à La Presse, l’ancien ministre du Tourisme, René Trabelsi, insiste sur la question du transport aérien pour développer le tourisme en Tunisie. « Tout le monde sait que nous avons un gros problème de transport aérien. Tunisair fait sa moitié de capacité avec les moyens dont elle dispose. Ouvrir la destination au low-cost sera très bénéfique pour la Tunisie et cela amènera une autre sorte de clientèle. Il faut le plus tôt possible appliquer l’Open-Sky en Tunisie », a-t-il insisté.

Tunis a-t-elle besoin d’un nouvel aéroport ou d’agrandir Tunis-Carthage ? La question est toujours à l’étude, alors que les autorités n’ont pas tranché. En tout cas, le projet de réalisation d’un nouvel aéroport dans la ville d’Utique dans le gouvernorat de Bizerte, remplaçant l’aéroport international de Tunis Carthage, est toujours à l’ordre du jour. Parallèlement, et dans la mesure où Tunis-Carthage touche à ses limites en matière de capacité d’accueil, estimée à 5 millions de voyageurs annuellement, des travaux d’extension de cet aéroport sont également envisagés. Ainsi, les travaux d’extension de cet aéroport pourraient assurer une capacité de deux millions de voyageurs supplémentaires, en attendant l’aboutissement de l’étude en cours sur la construction du nouvel aéroport.

Remettre Tunisair à flot

Dans cette situation, Tunisair, compagnie aérienne exploitant cet aéroport, n’y est pas pour rien. Si ses équilibres financiers ne sont pas à leur meilleur niveau, ses services ne sont pas aussi à la hauteur des attentes des voyageurs. Au fait, le rapport sur « Les entreprises publiques » publié par le ministère des Finances dresse un tableau noir pour l’activité de la compagnie nationale Tunisair. Tunisair a accusé une perte nette de 336,7 millions de dinars en 2020, contre 18,9 millions de dinars en 2019, soit une augmentation de 1681,5%. Cette perte résulte de la diminution du résultat d’exploitation de la compagnie de 281,6 millions de dinars par rapport à 2019 et de la hausse des autres pertes ordinaires de 46 MD (69,6%).

Pourtant, la compagnie, avec les moyens de bord, poursuit son plan de restructuration portant notamment sur la maîtrise de la masse salariale et l’acquisition de nouveaux engins. D’ailleurs, après avoir réceptionné, le 23 décembre 2021, son premier appareil de type Airbus A320Neo, la compagnie Tunisair en a réceptionné un deuxième, dans la soirée en février dernier.

Baptisé « Sbeitla », cet avion A320neo vient renforcer la flotte de Tunisair en attendant les trois avions du même type qui seront réceptionnés au cours de cette année et l’année prochaine. Tunisair avait annoncé avoir conclu un contrat « sale and leaseback » pour acquérir cinq avions en vue de renforcer et moderniser sa flotte. Moyennant un coût de plus de 750 millions de dinars, l’appareil « Sbeitla » permettra d’assurer des vols de plus longue distance que les avions de type A320 utilisés actuellement par la compagnie.

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2 Commentaires

  1. Taoufik Bennaceur

    25/05/2022 à 10:36

    Il faut d’abord commencer à revoir les conditions d’accès à tous les niveaux de l’entrée des passagers à l’aéroport à leur sortie. Multiplier les portes d’accès, les postes de contrôle, la fouille etc. Agrandir l’accueil de la police et avoir tous les agents en fonction. Enlever la procédure des fiches d’entrée ou de sortie puisque chaque poste dispose d’un scanner de passeports.

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  2. Nad.Clau

    25/05/2022 à 20:14

    Bravo, c’est déjà excellent de publier des articles qui adressent ce désastre! Il faut exposer la situation publiquement telle qu’elle est. Les responsables doivent immédiatement agir ou quitter leur poste. Avec le ministre Trabelsi, ce n’était pas si désastreux. Il y a des aéroports plus petits que celui-ci, mais qui gèrent beaucoup mieux. De guichets vides, et des policiers qui préfèrent fumer leur cigarette au lieu d’occuper lu guichet est une première image affreuse qui nous accueille. Je réfléchis même d’annuler mon voyage pour cet été avec ce désastre. N’en parlons pas des valises volés…Il y’a beaucoup a changer immédiatement!

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