Notre pays est dans l’œil du cyclone. Rien de bon en perspective, car ce sont les conflits ouverts qui, aujourd’hui, conduisent le pays et dans le mauvais sens. Conflits qui se sont exacerbés depuis le 25 juillet dernier et qui risquent de devenir violents, car les ennemis politiques sont en train de fourbir leurs armes.

Il faut préciser ici que nous n’avons, hélas, pas d’adversaires politiques, mais plutôt d’ennemis politiques. Et au lieu d’une vie politique saine, nous avons droit à une arène digne d’un cirque romain, avec ses gladiateurs qui doivent combattre à mort et un public assoiffé de sang.

Première victime de cette inquiétante situation, l’économie. Or, quand l’économie va mal tout va mal. La récession aggrave le chômage, paupérise les couches sociales, conduit à la mort lente de l’infrastructure, sans oublier le bouillonnement social, la fuite des capitaux financiers, humains, symboliques et autres.

Or , depuis 2011, certains ont utilisé l’arme économique dans le but d’abattre leur(s) ennemi(s) politique(s). Et, pour être plus près de la réalité, parlons d’ennemis idéologiques. Hélas oui, certains ont tout fait pour empêcher les rouages de l’économie de tourner,  rien que pour déstabiliser et décrédibiliser leurs ennemis idéologiques. Et avant le fameux 25 juillet dernier, une course effrénée pour que chaque acteur puisse mettre la main sur l’appareil de l’Etat, Parlement, gouvernement, pouvoir judiciaire, Banque centrale, forces de sécurité intérieures, Armée nationale, médias, religion, cause de la femme, cause palestinienne, entreprises, etc.

Notre pays est réellement en danger à  cause d’agissements irresponsables à tous les niveaux, y compris au sommet de l’Etat qui est en train de se disloquer. Chacun veut imposer son modèle à lui et utiliser les ressources de l’Etat afin de réaliser ses propres projets.  Quand est-ce que nous allons devenir conscients que nous avons déjà  atteint la faillite morale, sociale (faillite de la famille en premier) et politique et que l’Etat est au bord du gouffre ? Même au niveau international, ce dernier a vu son image s’écorner.

Il faudrait donc réaliser une vraie révolution. Non pas grâce à des mouvements dans la rue, mais grâce à la transformation des mentalités, des méthodes de réflexion et de travail  et une vraie mobilisation de toutes les ressources et toutes les potentialtés du pays.

Pour cela, tout le système actuel doit être mis de côté, y compris le détenteur du pouvoir de fait. Des élections législatives et présidentielle doivent être organisées le plus tôt possible. Le nouveau pouvoir doit  mettre en place un Congrès national qui sera chargé de tout remettre à l’ordre au niveau des grands choix du pays et des grandes réformes à  entreprendre.

Il s’agit du déclenchement d’un processus participatif et représentatif, c’est-à-dire un dialogue institutionnalisé (représentants de toutes les instances et organismes nationaux élus) qui sera chargé aussi de proposer dans les plus brefs délais un plan de sauvetage du pays, l’économie avant tout.

L’Etat doit aussi limiter ses dépenses d’une façon intelligente et efficace, interdire les importations inutiles. Les syndicats doivent, de leur côté, s’abstenir d’user de leur droit de faire la grève pour une longue période. Tout le monde doit se remettre au travail, penser devoirs avant de penser droits. Et les entreprises doivent de leur côté devenir plus responsables socialement (et aussi sociétalement) et s’acquitter de leurs devoirs fiscaux.   Le nouveau pouvoir doit, en parallèle, entamer les procédures nécessaires à la réalisation d’un amendement de la Constitution de 2014, ainsi qu’à la refonte du  Code électoral. Il doit faire en sorte que le pays puisse être doté d’une Cour constitutionnelle. Il est appelé, aussi, à maintenir l’ordre, assurer la sécurité et mettre fin au laxisme et à l’incivilité. Aucun salut et avant tout cela, sans l’adoption d’un plan national de remise à niveau de la population dans tous les domaines vitaux et un second de lutte contre l’analphabétisme politique et économique de l’écrasante majorité du peuple, appelé à s’exprimer à travers les urnes sur des questions vitales.

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