Le premier festival public destiné à la danse en Tunisie a atteint sa 4e édition. Un acquis ô combien important pour consolider tout le secteur de la culture et des arts, qui reste, on ne le dit jamais assez, encore mal considéré et un métier qui a du chemin à faire.

Les 3 premières éditions furent teintées de la touche de Mariem Guellouz, première directrice d’un festival venu répondre à l’appel insistant des gens du métier. Certes, le printemps de la danse qu’organise Syhem Belkhodja, depuis près de 20 ans, a déjà balisé le chemin. Mais il était temps que les instances publiques prennent au sérieux l’art de la danse au même titre que la musique, le cinéma, le théâtre… Et lui consacrent un festival qui sera une locomotive pour la promotion et la création.

La 3e édition était purement numérique, Covid oblige. Voilà venu le temps de la 4e édition sous la direction de Sélim Ben Safia que beaucoup connaissent comme acteur culturel, chorégraphe et initiateur de beau projet comme «hors-lit» parmi les nombreux projets d’El Bedil.

Et c’est pour dévoiler ses objectifs, sa vision et sa programmation que s’est tenue, mardi dernier, la conférence de presse dans le nouvel espace d’art du centre-ville : le 32 bis.

«Et si nous nous rencontrons, et si nous brisons ce mur qui nous sépare, et si nous relions les liens rompus, et si nous faisons de nos corps dansants un phrasé qui nous ressemble». C’est autour de cette idée que s’articule toute la programmation que Selim Ben Safia et son équipe ont préparée. Une programmation intergénérationnelle qui sollicite les nouvelles écritures contemporaines, qui s’ouvre à la nouvelle génération avec une section «premiers pas» et des ouvertures sur le monde. La 4e édition, qui aura lieu du 11 au 18 juin, verra la programmation de 24 spectacles et la participation de 22 artistes-chorégraphes. Le catalogue de la manifestation comporte ainsi 13 spectacles tunisiens, 6 spectacles français, 2 spectacles canadiens, 1 spectacle palestinien, 1 spectacle burkinabé et 1 spectacle égyptien.

Ces spectacles ainsi que les différentes rencontres-débats qui rythmeront l’édition seront répartis sur les espaces suivants : la Cité de la culture (Théâtre de l’Opéra et Théâtre des régions), la salle «Le 4e art»,  le Théâtre national tunisien à Halfaouine, le Théâtre El Hamra, la salle «Le Rio» et l’avenue Habib Bourguiba.

Deux nouvelles créations chorégraphiques sont à l’affiche de la soirée d’ouverture, il s’agit de «Nous serons tous dévorés par le feu» de Radhouane El Meddeb (France-Tunisie) et «Salam» de Imed Jemaâ (Tunisie), produite par le Théâtre de l’Opéra de Tunis.

Pour la clôture, le public aura droit également à deux créations : «Black and White Circus» de Nawel Skandrani (Tunisie) et «Akazk» de Hela Fattoumi et Eric Lamoureux (France).

«Carthage dance», et ce, depuis sa création, se veut également une plateforme professionnelle. Programmateurs, directeurs des lieux, institutions de coopération et artistes pourront échanger lors de 6 tables rondes autour de thèmes comme la mobilité internationale, la création artistique dans le monde arabe ou la critique des œuvres chorégraphiques. Cette édition mettra également en lumière les chorégraphes tunisiens pour mieux connaître leurs univers et leurs besoins. Et en plus des spectacles, le festival proposera au grand public 6 ateliers de danse pour découvrir autrement l’univers des chorégraphes. In fine, les Journées chorégraphiques de Carthage sont aussi un positionnement et un engagement fervent pour défendre les droits et le statut de l’artiste en s’associant avec d’autres protagonistes et acteurs pour présenter et promouvoir un manifeste en faveur de la mobilité des artistes et leur libre circulation dans le monde.

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