• Je n’ai pas été mandaté par le Président Kaïs Saïed pour effectuer une médiation auprès de Noureddine Taboubi
• La Ltdh poursuivra ses rapports stratégiques avec l’Ugtt en dépit des désaccords de passage

Jamel M’Sellam, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (Ltdh), a-t-il été mandaté par le Président de la République Kaïs Saïed pour entreprendre une tentative de médiation avec Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), dans le but de pousser les syndicalistes à reconsidérer leur position et à accepter de prendre part aux travaux du Dialogue national, plus particulièrement aux réunions de la commission des affaires économiques et sociales présidée par le bâtonnier Brahim Bouderbala ?

Jamel M’Sallem s’est-il proposé lui-même pour effectuer les contacts qu’il faut avec le SG de l’Ugtt dans l’objectif de parvenir à une formule qui permette à la centrale syndicale ouvrière de prendre part aux travaux du Dialogue national, avec ses deux commissions comme définies dans le décret présidentiel n°30 en date du 19 mai?

Les deux questions tirent leur légitimité, de l’avis de plusieurs observateurs et analystes politiques, des déclarations «très ouvertes sur toutes les interprétations possibles» faites par Jamel M’Sallem à l’issue de sa rencontre avec le Chef de l’Etat ?

En effet, il a laissé entendre dans ces mêmes déclarations qu’il a proposé au Chef de l’Etat d’accepter de faire des concessions qui répondraient aux conditions que l’Ugtt pose pour participer au Dialogue national, dont en premier lieu la non-existence d’un texte de la Constitution déjà écrit, d’une part, et de conférer, d’autre part, aux conclusions du Dialogue le caractère de conclusions décisionnelles et non de propositions à caractère consultatif que le Président de la République peut prendre en considération ou ignorer.

Hier, La Presse a voulu en savoir plus sur «l’éventuelle médiation» de la Ltdh et a posé la question à Jamel M’Sellam lui demandant où en sont les choses.

D’emblée, le président de la Ltdh réfute le fait qu’il ait été chargé par le Président Kaïs Saïed d’effectuer une médiation auprès du SG de l’Ugtt.

Il précise : «J’ai proposé au Chef de l’Etat de procéder aux concessions qu’il faut dans le sens de répondre, dans la mesure du possibles, aux réserves exprimées par l’Ugtt».

Il s’empresse de souligner : «Le Président de la République ne m’a rien promis. Je tiens à relever que la Ligue a aussi beaucoup de réserves sur les conditions dans lesquelles vont se dérouler les travaux du Dialogue national. J’ai fait part au Chef de l’Etat de ces réserves et je tiens à annoncer qu’au cas où nos propositions (non à une Constitution déjà rédigée, non au caractère consultatif des conclusions du Dialogue) ne seraient pas acceptées, la Ligue se retirera du dialogue et fera connaître à l’opinion publique les raisons de sa décision».

A la question de savoir comment le bureau directeur de la Ligue va réagir à la fronde au sein des sections régionales qui exigent l’annulation de la décision prise par la Ligue (13 voix pour, 4 voix contre) de participer au dialogue, Jamel M’Sellam indique: «Effectivement, beaucoup de mails sont en train de parvenir au comité directeur, envoyés par plusieurs sections régionales mais non signés exigeant la tenue, dans les prochains jours, de la réunion d’un conseil national exceptionnel pour décider de la confirmation de la participation de la Ligue au dialogue ou de son annulation. La date de la tenue de cette réunion n’est pas encore arrêtée et le dernier mot reviendra, dans tous les cas, au Conseil national».

Des rapports stratégiques Ugtt-Ltdh

Comment les responsables de la Ligue qualifient-ils la position de l’Ugtt à propos du refus des syndicalistes, renouvelé hier avec force par Noureddine  Taboubi, de participer au Dialogue national selon la formule proposée par le Président Kaïs Saïed?

Jamel M’Sellam est on ne peut plus clair: «Nous respectons les positions de l’Ugtt et nous nous empêchons d’y intervenir. Toutefois, nous poursuivrons nos rapports stratégiques et historiques avec la centrale syndicale ouvrière. Et les divergences de vues ne sont que des désaccords de conjoncture».

Pour conclure, le président de la Ltdh commente la déclaration de Ghazi Chaouachi, SG d’Attayar, appelant à un Dialogue national, sans la participation du Président de la République. Il souligne : «Nous respectons les positions de M. Ghazi Chaouachi qui préside un parti dont les agendas ne concordent pas avec nos objectifs en tant qu’organisation de la société civile».

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