C’est au cœur d’une tension régionale inédite, notamment à cause du conflit russo-ukrainien, que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) tient un sommet de grande envergure, dans la capitale espagnole, Madrid.

En effet, sept décennies après sa création, l’Otan se réunit, à partir d’hier, à Madrid avec l’urgence de réaffirmer sa mission de départ. Si le contexte de ce sommet est, certes, délicat, les attentes sont énormes, au vu des derniers rebondissements sur la scène mondiale. La Presse est à Madrid pour couvrir cet événement, dont les aboutissements pourraient intéresser la Tunisie. Autant dire que ce sommet tracera les orientations de cette organisation et ses visions pour la zone Mena, l’enjeu politique, géopolitique et énergétique est majeur. Ce sera le sommet du «tournant», affirme le secrétaire général de l’Organisation, Jens Stoltenberg.

Les dirigeants de l’alliance militaire la plus puissante du monde visent, à travers ce sommet, à renforcer les forces sur le flanc oriental de l’Otan et à fixer des priorités pour la prochaine décennie — en mettant de nouveau l’accent sur la vérification des ambitions internationales croissantes de la Chine.

Ce rassemblement montrera également les difficultés à maintenir 30 nations alignées dans une même organisation qui doit prendre des décisions par consensus et de rappeler aux Etats membres que l’Otan est toujours prédisposée à les défendre.

Sauf que pour les décideurs de l’Otan, tout l’enjeu réside dans le conflit russo-ukrainien. Si ce sommet, qui se poursuivra aujourd’hui et demain jeudi 30 juin, intervient sur fond d’une tension inédite avec la Russie, les Etats membres devraient valider des décisions clés, notamment un nouveau concept stratégique, un renforcement majeur de la dissuasion et de la défense de l’Otan, et une intensification du soutien à l’Ukraine.

Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a indiqué que les dirigeants des pays de l’Otan allaient débattre également des investissements en matière de défense, tenter d’avancer sur le dossier des demandes d’adhésion à caractère historique déposées par la Finlande et la Suède, et approfondir la coopération avec l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud.

Contenir Moscow

L’Otan a été créée après la Seconde Guerre mondiale pour contrer la menace de l’Union soviétique et favoriser la coopération dans une Europe brisée. Dans les années qui ont suivi l’effondrement de l’Urss, l’alliance a redéfini la Russie non pas comme un adversaire mais comme un «partenaire stratégique». Plus maintenant. Aujourd’hui, le conflit entre les deux parties frôle la guerre, l’Otan est donc appelée à revenir à ses origines, pour contenir la force de l’ours russe.

Le sommet de Madrid est dominé, donc, par la manière de renforcer les défenses le long des frontières orientales du bloc. Face à la menace russe, l’Otan promet plus de renforcement militaire. Lundi, Jens Stoltenberg annonçait que les pays membres allaient transformer la force de réaction rapide (40.000 hommes actuellement) et porter à 300.000 militaires les forces «à haut niveau de préparation». Pour ce haut responsable, il ne s’agit pas de masser des troupes à la frontière russe, mais d’un signal d’abord politique. Le sommet se penche également sur le stockage des armes et du matériel en Europe de l’Est et sur davantage de soutien à l’Ukraine.

Sauf que ce sommet reste marqué par des frictions. La Turquie fait toujours planer la menace sur son veto à une adhésion de la Suède et de la Finlande, qui promettait d’être le plus marquant de ce sommet pour l’opinion publique. Des avancées restent possibles d’ici à la fin du sommet. Cependant, les relations avec l’Union européenne posent des problèmes pour certains alliés.

 Lutter contre le changement climatique

Inaugurant hier, mardi, le sommet, le chef de l’Otan, Jens Stoltenberg, a mis en exergue les questions environnementales, énergétiques et climatiques en annonçant pour la première fois que l’alliance de 30 membres réduirait les émissions d’au moins 45 % d’ici à 2030 et atteindrait zéro émission nette d’ici à 2050. «Ça ne sera pas facile. Mais cela peut être fait», a déclaré Stoltenberg.

Les armées, les marines et les forces aériennes gourmandes en combustibles fossiles sont les principaux contributeurs aux émissions de carbone. En effet, il a été démontré que les plus grandes forces armées du monde émettent plus de gaz à effet de serre que de nombreux pays réunis.

Les recherches estiment que les armées mondiales et les industries qui fournissent leur équipement représentent jusqu’à 6% de toutes les émissions mondiales.

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