Dans la plupart des sous-régions africaines (Afrique australe, Afrique de l’Est, Afrique de l’Ouest), les flux d’investissements directs étrangers ont augmenté ou sont restés stables, mais ils ont baissé en Afrique du Nord de 5% à 9,3 milliards de dollars (soit 8,76 milliards d’euros). Ces flux restent disparates avec une progression de 52% des IDE au Maroc en 2021 (2,2 milliards de dollars) et une chute de 12% en Egypte. La Tunisie est loin derrière avec seulement 660 millions de dollars.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a publié au mois de juin dernier un rapport intitulé «Réformes fiscales internationales et investissement durable», selon lequel les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 134% dans les économies développées, mais seulement de 30% dans celles en développement. Même si elles représentent, avec 837 milliards de dollars (soit 788 milliards d’euros, le niveau le plus élevé jamais enregistré).

Selon le même rapport, la plupart de ces IDE viennent de l’Asie. Ils ont enregistré une reprise partielle en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu’un regain d’activité en Afrique.

Plusieurs facteurs en jeu

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, commente : «Durant l’année 2021, les flux mondiaux d’investissements directs étrangers ont retrouvé leur niveau pré-pandémique, atteignant 1.600 milliards de dollars. Les transactions transfrontalières et le financement de projets internationaux ont été particulièrement forts, encouragés par des conditions de financement souples et des mesures de relance des infrastructures. Toutefois, la reprise des investissements nouveaux dans l’industrie reste fragile, en particulier dans les pays en développement». La Cnuced précise par contre que la tendance ne pourra pas se poursuive au même rythme cette année.

Cela revient, d’après ce rapport sur les IDE, à la guerre russo-ukrainienne qui a augmenté les prix des denrées alimentaires et des carburants, en plus d’un resserrement des financements. Le rapport fait savoir que d’autres facteurs pourront également faire chuter les IDE. Il s’agit, notamment, des nouveaux impacts des pandémies, de la probabilité de nouvelles hausses des taux d’intérêt dans les grandes économies, du sentiment négatif sur les marchés financiers et d’une récession potentielle précise. D’ailleurs, sur le plan international, les IDE ont diminué de 21%.

L’Egypte, deuxième plus grand bénéficiaire

Malgré le chiffre record des IDE dans les pays africains (83 milliards de dollars en 2021), «cette somme ne correspond qu’à 5,2% des IDE dans le monde, contre toutefois 4,1% en 2020. De plus, elle a été considérablement affectée par une seule transaction financière intra-entreprise en Afrique du Sud au second semestre 2021, qui représente 45% du total», rapporte la Cnuced.

Dans la plupart des sous-régions africaines (Afrique australe, Afrique de l’Est, Afrique de l’Ouest), les flux d’investissements directs étrangers ont augmenté ou sont restés stables, mais ils ont baissé en Afrique du Nord de 5% à 9,3 milliards de dollars (soit 8,76 milliards d’euros). «Ces flux restent disparates avec une progression de 52% des IDE au Maroc en 2021 (2,2 milliards de dollars) et une chute de 12% en Égypte à cause de la non-répétition de gros investissements dans les accords d’exploration et de production dans les industries extractives», annonce le rapport de la Cnuced. L’Egypte demeure le deuxième plus grand bénéficiaire d’IDE en Afrique. Les flux d’investissements directs étrangers en Tunisie ne dépassent pas les 660 millions de dollars selon le même rapport.

En Afrique, les projets nouveaux internationaux annoncés en 2021 n’arrivent qu’à 39 milliards de dollars, contre 32 milliards de dollars en 2020, en pleine pandémie. Ils étaient de 77 milliards de dollars en 2019. A long terme, le continent africain présente un grand potentiel pour attirer les investissements internationaux dans les économies verte et bleue, ainsi que dans les infrastructures», d’après les déclarations de James Zhan, directeur de la division de l’investissement et des entreprises de la Cnuced. Pour lui, le défi consiste à améliorer encore le climat des affaires et à renforcer la capacité de l’Afrique à attirer ces investissements durables.

Mais 2022 s’annonce sous de mauvais auspices, avec des flux d’investissements directs étrangers qui devraient connaître une trajectoire descendante, au mieux rester stables. Les plus gros détenteurs d’actifs étrangers en Afrique sont restés européens, avec en tête les investisseurs du Royaume-Uni (65 milliards de dollars) et de la France (60 milliards de dollars).

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