Plus de 1.000 cas de fraude ont été enregistrés au cours de la session princiaple.

La session principale du baccalauréat aura été particulièrement exceptionnelle cette année, au vu du nombre impressionnant de tentatives de fraude qui a été enregistré dans les centres d’examen à travers les régions. Plus de 1.000 cas de fraude et de tentatives de fraude en une semaine. De quoi donner le tournis, alors que le ministère de l’Education avait pourtant assuré, il y a quelques semaines, que toutes les dispositions ont été prises pour contrecarrer les tentatives de fuite au baccalauréat. Mais c’était sans compter sur l’ingéniosité de réseaux spécialisés qui ont flairé le bon filon, procurant à des candidats déloyaux des moyens ultra-sophistiqués pour tricher sans se faire prendre, moyennant une somme mirobolante. Cette année,le ministère de l’Education a bien décidé d’interdire l’usage des téléphones portables au sein des centres d’examen afin d’éviter la fuite des sujets du baccalauréat. Pourtant, dès le premier jour de la session principale du baccalauréat, le sujet de philosophie a été diffusé sur les réseaux sociaux quelques minutes après la distribution des copies d’examen. Ce premier écueil est un revers cuisant pour le ministère de  l’Education qui affichait, jusque-là, une certitude absolue quant à la mise en place de mesures qui empêcheraient, cette année, toute tentative de fuite ou de fraude. L’institution de tutelle a vite fini par déchanter et s’est retrouvée dépassée face à des techniques de triche ultra-sophistiquées auxquelles ont recours les candidats pour pouvoir décrocher le fameux sésame.

Enseignants désignés pour surveiller le baccalauréat : entre l’enclume et le marteau

Montres intelligentes connectées, kits, oreillettes, écoulés illégalement par des réseaux clandestins, ont contribué à faire grimper le nombre de cas de fraude au cours de cette session principale. Un constat loin d’être suprenant pour Selma S; professeur de français dans un établissement secondaire de la banlieue nord, qui juge, inefficaces, les mesures mises en place par le ministère de l’Education contre les tentatives de fraude. «J’assure chaque année, avec d’autres collègues, la surveillance du baccalauréat, souligne l’enseignante. La lutte contre les tentatives de triche est  vouée à l’échec dès lors que nous ne pouvons pas demander à un candidat de vérifier s’il a quelque chose à l’intérieur de l’oreille. Nous allons bien sûr lui poser la question et il nous répondra forcément par la négative. Même si nous jugeons qu’un candidat à un comportement suspect ou anormal, nous ne pouvons pas lui demander d’enlever une partie de ses vêtements afin de vérifier s’il est équipé ou non de matériel de triche. C’est une pratique qui est humiliante et qui peut le déstabiliser. Il y a trois ans, un enseignant l’a fait car il soupçonnait un candidat au baccalauréat de tentative de fraude. Il a été accusé par ce dernier de harcèlement sexuel et l’affaire a été traduite en justice. Je pense que la meilleure mesure à adopter est d’installer des brouilleurs de signaux dans les centres d’examen».Face à la recrudescence des cas de fraude, le ministère de l’Education réfléchit déjà aux mesures à mettre en place pour la prochaine session du baccalauréat. L’installation de détecteurs de métaux est une option qui semble être sérieusement envisagée, selon une source du ministère. «Les élèves devront se présenter une heure à l’avance pour passer par ce détecteur afin de vérifier s’ils sont équipés ou non de matériel de triche».

Charger plus d'articles
Charger plus par Imen Haouari
Charger plus dans Société

Laisser un commentaire