Ghannouchi ne sait pas et n’accepte pas de se remettre en cause, encore moins reconnaître et assumer ses erreurs et ses échecs. Comme il ne sait pas aussi admettre la réussite et le mérite des autres. Il lui est de plus en plus difficile de tenir un discours ou de sortir dans les médias sans provoquer de dégâts.

Depuis son retour d’exil, au lendemain de la révolution, Rached Ghannouchi  ne cessait d’entretenir les polémiques. A tort ou à raison, il n’arrêtait pas aussi de multiplier les promesses d’ordre politique, économique et aussi social.

Dans chaque volet, dans chaque registre, le président du mouvement islamiste promettait, et continue encore aujourd’hui, monts et merveilles à la Tunisie et pour les Tunisiens. Mais la plupart du temps, ses promesses étaient jugées exagérées ou impossibles à réaliser, voire mensongères !

De toutes les façons, rares sont les Tunisiens qui continuent à croire à ce que leur raconte le président d’Ennahdha, ou encore à prendre au sérieux ce qu’il ne cesse de divulguer.

Ce qu’il avait prédit pour la Tunisie, à travers les discours utilisés et engagés dans ce sens, les arguments avancés dans ses différentes sorties médiatiques,  n’avaient pas de quoi rassurer, d’autant que ni lui ni son parti n’étaient réellement en mesure de faire valoir une vision et un projet pour l’avenir du pays, encore moins se déculpabiliser des accusations dont ils font l’objet. Tout ce que le parti islamiste et son président entreprennent inquiète plus qu’il ne rassure les Tunisiens.

La première remarque qui se dégage des sorties médiatiques, plus que jamais multipliées, de Ghannouchi est qu’il ne sait pas, ou n’accepte pas de se remettre en cause, reconnaître et assumer ses erreurs et ses échecs. Comme il ne sait pas aussi admettre la réussite et le mérite des autres. Il lui est de plus en plus difficile de tenir un discours ou de sortir dans les médias sans provoquer de dégâts. L’équation est pratiquement impossible à tenir, surtout lorsque le président du mouvement islamiste cherche à se cacher derrière les alibis, les diversions et les prétextes.

La deuxième remarque est qu’il n’est plus difficile de déduire aujourd’hui que tout ce qu’Ennahdah et son président ne sont plus en mesure de réaliser, ou encore d’entreprendre, met à nu cette inaptitude à reconquérir la confiance des Tunisiens, ou encore à relancer le parti sur la scène politique. Il faut dire que lorsque le doute et la suspicion s’installent, la palette de la croyance et de la crédibilité se rétrécit.

La troisième remarque indique que le modèle nahdhaoui, en manque d’évolution et en perte de vitesse,  ne peut plus recourir aux méthodes controversées et illicites et qui ne font que compromettre de plus en plus la crédibilité du parti. Une crédibilité menacée aujourd’hui essentiellement par ses dirigeants les plus médiatisés. Et ce n’est point appartenir à une ère nouvelle que de rompre avec les mauvais réflexes, les mauvaises habitudes.

De façon générale, Ennahdha, ses orientations et ses hommes produisent un environnement qui est loin de répondre aux véritables exigences des Tunisiens. On a l’impression qu’ils évoluent à l’écart du système, où on ne voit pas comment on peut évoluer sans la révélation d’un possible démon intérieur et qui n’est autre que l’état d’âme lié à l’obsession du pouvoir.

Il est clair de ce fait qu’un nouveau monde devrait naître du côté de Montplaisir pour permettre au parti islamiste de se racheter une nouvelle conduite, tout particulièrement  face aux exigences et aux contraintes à n’en plus finir. Mais on ne peut forcément se retenir devant le gâchis de toute une décennie de mensonge et de fausseté. On ne saurait non plus s’interdire de penser à tout ce qui aurait dû s’accomplir depuis 2011 si les convictions et les certitudes du parti islamiste étaient autres. Si ses dirigeants et ses responsables avaient aussi une meilleure réflexion sur les aspirations et les attentes des Tunisiens. Voilà ce qui désapprouve un parti miné par l’optimisation négative et extrême de presque tous les paramètres politiques de ses dirigeants. 

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