En dépit de tous les excès et de tous les dépassements, nous demeurons convaincus que la liberté d’expression et le droit de manifester constituent encore et toujours un acquis à préserver. Le 14 janvier 2011, la Tunisie a audacieusement opté pour la liberté d’expression. Et ce n’est pas aujourd’hui que les fondamentaux et les priorités de la Révolution vont changer.

Mais en même temps, l’on est de plus en plus en droit de proclamer que nul ne peut monopoliser la parole, et l’on ne devrait plus accepter que certains, qui continuent à jouer les victimes et les innocents, fassent de la récupération par rapport à ce qui se passe aujourd’hui.

Il serait bon que l’on clarifie les positions et que l’on explique pourquoi un parti politique comme Ennahdha vit des heures sombres. Pourquoi il cristallise la colère, voire les critiques virulentes de la majorité des Tunisiens ?  Pourquoi il est au cœur de bien des polémiques ?

Dans un climat de suspicion de plus en plus prononcée, les dérapages de ses dirigeants traduisent une faillite sans précédent. Leurs débordements ne sont quasiment plus acceptés. Oui pour la liberté de penser, de communiquer et de publier, non cependant pour les propos diffamatoires et haineux

Les faits regrettables qui orientent de plus en plus les discours des dirigeants nahdhaouis ne sont pas isolés. Ils tendent à écorner l’image du mouvement islamiste et même à banaliser les attaques dont son leader, Rached Ghannouchi,  ne cesse de faire l’objet.

Dans un paysage où les enjeux politiques sont devenus si importants, dans un climat délétère, le droit à l’erreur des hommes politiques n’est quasiment plus du tout toléré. Le fait que les Tunisiens boudent l’activité politique traduit une absence évidente de confiance.

Chaque parti politique a bien entendu son avis et sa vision sur ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie. Chacun y va d’ailleurs selon sa propre perception. Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’au lieu de polémiquer et faire le procès des autres, il serait préférable  d’accepter de se remettre en cause quand cela devient nécessaire. 

Il serait préférable aussi de reconnaître que la plupart de ce qui a été entrepris sur la scène politique n’est pas adapté à la réalité tunisienne et ne répond guère aux aspirations et aux attentes des Tunisiens.

Un peu partout dans le monde, l’action politique n’a plus aujourd’hui la même signification. Les discours ont fortement évolué. Ils ne se limitent plus à l’aspect politique. Ils se projettent sur le registre économique et social. Chez nous, le procédé ne suit point. C’est pourquoi il est temps et avant qu’il ne soit trop tard de créer autour du paysage politique un climat plus serein, même si l’ambiance est extrêmement chaude. Assainir le milieu et obliger les différents acteurs à revenir à des comportements plus responsables. Tout simplement agir fortement auprès des parties qui rendent la vie des Tunisiens pratiquement…impossible.

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