Comment peut-on encore voir les nahdhaouis exister et cohabiter avec les autres partis politiques quand cela n’est pas forcément du goût de leurs principaux dirigeants ? Sous la conduite de Ghannouchi, Ennahdha ne saura jamais évoluer. Le président du parti islamiste est dans son monde. Au vu de tout ce qu’il ne cesse de compromettre et de gâcher, il agit et se revendique à contre-courant. Il n’en fait pas plus, et encore moins mieux.

Il est toujours bon de rappeler qu’il y a, comme dans beaucoup d’autres activités, un turnover chez des hommes et des femmes parachutés dans le paysage politique. Et ce n’est point appartenir à une ère nouvelle que de rompre avec les mauvais réflexes, surtout lorsqu’il devient difficile de faire disparaître magiquement les réalités auxquelles correspondent certaines habitudes dans la manière de penser et dans la manière d’agir.

Ainsi, des hommes et des femmes continuent encore à s’intéresser à la vie politique sans en avoir le profil, tout en se montrant toujours incapables de renouveler leur centre d’intérêt au-delà de ce qui existe. Ou encore de répondre à tout ce que la scène politique exige comme connaissances, compétence, aptitude  et surtout… intégrité.

Avec les dépassements et les dérèglements dont ils sont devenus otages, on ne sait pas vraiment où ils veulent aller, ni avec quel guide et quelle boussole. On sait cependant qu’ils ne sont plus suivis par le peuple, qu’ils n’emballent plus les Tunisiens avec leurs fausses promesses et leurs faux alibis.

Il existe aujourd’hui une vraie cassure entre les promesses et les assurances d’hier et la réalité d’aujourd’hui. Un parti comme Ennahdha est plus que jamais contesté. Il ne jouit plus de la confiance dont ont notamment besoin ses principaux dirigeants pour faire face à toutes les accusations dont ils font l’objet. En effet, ces derniers sont aujourd’hui la cible non seulement des opinions qui leur sont souvent hostiles, mais aussi des critiques qui fusent de partout.

Il faut dire que le mouvement islamiste est victime de ses choix, ou plutôt les choix de ses dirigeants qui l’ont empêché de viser et de voir autrement. Et ce ne sont pas leurs attitudes, ou encore leur refus de se remettre en cause pour pouvoir évoluer qui pourraient redorer le blason du parti.

Comment peut-on encore voir les nahdhaouis exister et cohabiter avec les autres partis politiques quand cela n’est pas forcément au goût de leurs principaux dirigeants ?

Sous la conduite de Ghannouchi, Ennahdha ne saura jamais évoluer. Le président du parti est dans son monde. Au vu de tout ce qu’il ne cesse de compromettre et de gâcher, on a l’impression qu’il agit et se revendique à contre courant. Il n’en fait pas plus, et encore moins mieux.

Les hommes politiques ont naturellement le droit de commettre des erreurs, mais ils ont aussi le devoir de se comporter dignement. Si on regarde hors de nos frontières l’histoire des partis politiques qui ont réussi, elle montre que ceux qui s’y étaient fortement impliqués, sans abstention et sans réserve, ont le plus souvent fait l’histoire de leurs pays. Les grands hommes qui ont dominé leurs époques étaient faits pour s’assumer pleinement et, par conséquent, pour changer le cours des événements… Beaucoup d’hommes politiques tunisiens ont évolué dans un paysage qui leur a tout donné, sans qu’ils ne le méritent vraiment. Reconnaissons cependant que les prémices de cette dégénérescence s’étaient manifestées de manière assez nette aux premières années qui ont suivi la Révolution, mais que rien n’a été entrepris pour y faire face à temps. Les principes, les valeurs  avaient commencé à pâlir progressivement et personne ne voulait en convenir.

Le constat est devenu au fil du temps évident. Pressant même. C’est toute une génération d’hommes et de femmes politiques qui ont compromis la révolution et la démocratie tunisiennes. Ce qui est désormais prouvé est qu’ils n’avaient ni les qualités requises, ni le profil adéquat pour être là où ils étaient et pour assumer des responsabilités auxquelles ils n’étaient jamais prédestinés.

Sans verser dans les accusations et les procès ouverts aux différentes interprétations, on peut affirmer que le paysage politique et ses enjeux grandissimes ne peuvent plus aujourd’hui être laissés au pouvoir de certains hommes. La crise politique fait justement écho à une déformation qui tient son nom et sa raison d’être de la tendance à tromper l’opinion publique…

Au-delà des défaillances et des dérapages le plus souvent incontrôlés, c’est tout le paysage politique qui est finalement mis en cause. On ne fait plus honneur à un environnement que certaines parties prenantes avaient consciemment gâché. D’autres sans y prendre garde, notamment par leur passivité et surtout par leur inaction et leur manque de réaction, ont inspiré à la fois le sens de l’irresponsabilité et le manquement au devoir.

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