On a encore envie de croire à une confiance partagée et une volonté sans relâche entre le gouvernement et ses partenaires sociaux. On a encore envie d’imaginer une paix sociale plus que jamais  inévitable. Oui, l’espoir est permis. Oui les arguments des différentes parties prenantes sont défendables. Oui la volonté est bien là. Oui les bonnes négociations amènent les grands changements.

Nous demeurons convaincus qu’il est impossible pour un gouvernement d’avancer et de réussir sans la complicité  et l’implication effectives de la centrale syndicale, mais aussi de l’organisation patronale.

Le vent de l’Histoire a soufflé depuis 2011 et il faut s’habituer à accepter l’idée que les négociations sociales ne sont plus un long fleuve tranquille. Mais il y a des pourparlers qui ne se « gagnent » pas seulement par les acteurs se trouvant en position de force, mais aussi par les plus réalistes, les plus réceptifs et les plus raisonnables. Autant être conscient du statut, des prérogatives et des revendications syndicales, autant aussi prendre en considération les défis auxquels est exposé actuellement le gouvernement. Le dialogue social aurait ainsi besoin de normalité. En même temps, les différentes parties prenantes sont appelées à saisir l’opportunité d’accomplir une ultime ligne droite décisive.

Il y a au fait des compromis, des accords et un partage des charges, conditionnés ou pas, qui marquent leur temps et leur époque, qui donnent des réponses, favorisent les réussites et éliminent les échecs. Si l’Ugtt, l’Utica et le gouvernement ne sont pas prêts aujourd’hui à changer et à dépasser les écarts et les divergences de vues, c’est qu’ils n’ont pas assez retenu la leçon du passé et qu’ils ne sont pas conscients de la complexité de la situation. La force d’un contrat social est de se revendiquer, pas seulement dans les contextes favorables, mais aussi et surtout dans les conjonctures difficiles.

La centrale syndicale insiste sur la nécessité de répondre positivement à la liste  des revendications exprimées depuis la grève générale du secteur public du 16 juin dernier, dont l’annulation de la circulaire 20, les négociations sociales autour des augmentations salariales du secteur et de la fonction publics, la suspension de la contribution solidaire sociale pour le financement des caisses sociales et la réformes des établissements publics au cas par cas. Le gouvernement, pour sa part, ne ferme pas la porte aux négociations et annonce des sessions de dialogue pour arriver à des accords bipartites ou tripartites concernant les revendications et la justice sociales, ainsi que les grandes réformes.

Les finances de l’Etat sont dans le dur et la crise économique a frappé de plein fouet le pouvoir d’achat du Tunisien. Elle a fini même par transformer radicalement son quotidien. Cela, personne ne peut et ne doit l’ignorer et les  revendications syndicales sont de ce fait des plus légitimes. Il n’est pas cependant interdit de reconnaître qu’un nouveau monde est en train de naître, et que les différentes parties prenantes sont dans l’obligation de se racheter une nouvelle conduite, essentiellement face aux exigences et aux contraintes économiques annonçant déjà un nouvel ordre mondial.   

  • Bisbille et grincement de dents

    Les Tunisiens ont poussé un ouf de soulagement dès que l’affaire de l’envoi des jeunes au …
  • Il est réciproque ou il ne l’est pas

    L’air du chant national sonne invariablement à 8h00 du matin dans les établissements scola…
  • Sans scrupules !

    LE coût de la vie devient de plus en plus cher à tous les niveaux. Et de plus, l’indisponi…
Charger plus d'articles
Charger plus par Jalel MESTIRI
Charger plus dans Editorial

Laisser un commentaire