Il n’y a pas de doute : outre les spéculateurs, des partis et des hommes politiques sont impliqués dans les affaires liées à la spéculation et au monopole des produits alimentaires de large consommation et des denrées de première nécessité.  Ayant mainmise sur le marché et contrôlant les circuits, ils n’hésitent pas à imposer leur prix dans l’objectif de mettre le pays à genoux.

Il faut cependant apporter quelques nuances à ce constat, même s’il fait état d’une réalité amère et désolante. Les moyens adoptés pour faire face au monopole et à la spéculation restent vulnérables. Par mégarde ? Certes oui, mais surtout par défection. Ce qui pourrait être, d’une façon ou d’une autre, comme réducteur, notamment par rapport aux mesures coercitives annoncées, mais qui tardent encore à se concrétiser. L’incapacité à faire face à la spéculation, ainsi que la faiblesse des interventions de la police économique entretiennent une incompréhension globale, notamment celle liée à la traçabilité  des marchandises. Le ministère du Commerce a bien sûr son avis à ce sujet et son propre raisonnement. Mais ce qui est sûr, cependant, c’est qu’au lieu de réfuter l’existence d’une réelle pénurie et de tenir les spéculateurs et certains commerçants pour seuls responsables de la disparition des produits de base du marché, il serait également équitable de dénoncer ceux qui manipulent les moyens de subsistance des Tunisiens.

L’énigme, avec tout ce qu’elle comporte comme appréhension, jugement et interprétation, ne relève plus d’un fait isolé. L’implication des lobbies dans le dérèglement du marché est non seulement évoquée, mais surtout avérée. Prouvée même. C’est ainsi qu’en dépit de 619 millions de dinars d’importation d’huile végétale, ce produit essentiel pour les classes pauvres et moyennes manque cruellement sur le marché. La pénurie d’huile végétale, mais aussi de sucre, de farine, de semoule, de riz fait courir à l’économie tunisienne des risques certains. C’est un cycle infernal auquel les autorités ne semblent pas pouvoir faire face et qui donne l’impression de ne pas avoir de fin.

En tout cas, l’absence de ces produits de base sur le marché retient l’attention, met en garde et suscite des interrogations auxquelles on n’a pas trouvé jusqu’ici de réponses.

Un pays millénaire ne saurait s’effondrer face à une telle emprise et pareils empiètements. L’on n’insistera jamais assez sur l’impératif de rendre justice au peuple et de prendre les décisions sans lesquelles le Tunisien ne pourrait jamais subvenir à ses besoins quotidiens. 

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