La grève annoncée par les aiguilleurs du ciel a bel est bien commencé hier à minuit. Si les techniciens de la navigation aérienne annonçaient depuis plusieurs semaines cette grève, hier, le trafic dans les différents aéroports tunisiens n’a pas été considérablement impacté bien que des compagnies aériennes aient reporté certains de leurs vols.

A l’aéroport Tunis-Carthage, le trafic aérien était assez fluide en dépit de quelques annulations de vols, les passagers ont pu voyager normalement et conformément à leurs réservations de vols. Idem à l’aéroport d’Enfidha où les différents vols ont été assurés de manière normale et sans incident.

Ce constat a été confirmé par le directeur de la communication et des relations publiques à l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), Mohamed Walid Ben Ghachem. Il a confirmé «qu’aucune perturbation du trafic aérien n’a été enregistrée à l’aéroport de Tunis-Carthage et aucun vol n’a été annulé jusqu’à présent».

«La réputation de la Tunisie sauvegardée»

Ben Gachem a ajouté que la direction générale de l’Oaca a entrepris les démarches nécessaires afin de faire face à toute paralysie dans l’espace aérien national dont le mécanisme de réquisition. L’objectif, a-t-il dit, étant de «préserver la réputation de la Tunisie à l’étranger, particulièrement durant cette période marquée par le retour des Tunisiens établis à l’étranger vers leurs pays d’accueil et des touristes».

Pour sa part, la chargée de l’information de la société TAV a assuré que le trafic aérien à l’aéroport international d’Enfidha n’a pas été perturbé par la grève des aiguilleurs de l’Office de l’aviation civile.

«L’aéroport a accueilli onze vols de différentes destinations, dont Londres, Amsterdam, Prague et la Lituanie et les touristes seront répartis dans les différents hôtels des régions côtières», a-t-elle dit.

Cependant, selon certains témoignages, des passagers ont accusé des retards au niveau de leurs vols confirmés pourtant «à l’heure». On indique que certains vols ont dû être retardés plusieurs heures suite à quelques perturbations au niveau de Tunis-Carthage.

Le syndicat de base des techniciens de navigation aérienne relevant de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), a décidé, en effet, d’observer une grève hier, vendredi 9 septembre, à partir de minuit.

«Cette grève a été décidée suite à l’échec de la séance de conciliation tenue jeudi après-midi entre le ministère du Transport et la partie syndicale», a annoncé la Fédération générale du transport, qui a également précisé que ladite séance a échoué suite à l’absence du représentant de la présidence du gouvernement et au retrait du ministre du Transport en plus du manque de disposition d’examiner les revendications évoquées lors de la séance en date du 23 août dernier.

Rappelons que cette grève avait été reportée pour pouvoir organiser dans les meilleures conditions la Ticad 8 fin août dernier.

La veille de la grève, la compagnie aérienne Tunisair a prévu des perturbations sur ses vols à destination et en provenance de la Tunisie programmés hier, vendredi.

Dans un communiqué, la compagnie nationale a souligné «qu’elle fera tout son possible afin de minimiser les impacts de cette grève, appelant, à cet égard, ses passagers à contacter son centre d’appels pour plus d’informations».

Sauf que, visiblement, les vols de Tunisair, ainsi que ceux des autres compagnies, ont été épargnés. Comment les autorités ont-elles pu sauver la situation et minimiser les dégâts ? 

Au fait selon le syndicat en question, les autorités ont procédé à la réquisition des services assurés par ces techniciens. En effet, la direction générale de l’Oaca a envoyé un huissier-notaire aux agents qui étaient en service le soir pour les informer du fait qu’ils seront réquisitionnés pour assurer l’atterrissage et le décollage des avions dans les aéroports tunisiens, une décision rejetée immédiatement par le syndicat.

Kaouther Sahraoui, secrétaire général du syndicat, explique que «les techniciens grévistes ont été harcelés par les autorités pour faire appliquer les décisions de réquisition». Pour elle, ces agissements vont à l’encontre des droits syndicaux et du droit à la grève. Elle accuse dans ce sens un manque de sérieux de la part du ministère de tutelle dans l’examen des revendications des agents de l’Office national de l’aviation. Le syndicat de base des techniciens de navigation aérienne relevant de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) revendique notamment le pourvoi des postes vacants, étant donné que ces agents sont perpétuellement en sous-effectifs et travaillent dans des conditions professionnelles difficiles.

Le syndicat avait annoncé le report de la grève initialement prévue le 25 août dernier au 9 septembre, suite à la demande de la représentante de la présidence du gouvernement pour examiner les points inscrits dans le préavis de grève du 11 août 2022.

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