Le recours à des méthodes controversées et illicites compromet de plus en plus la crédibilité de certains corps professionnels. Une crédibilité menacée aujourd’hui par des hommes et des femmes qui bafouent l’honneur du métier. La question de la corruption, avec tout ce qu’elle comporte pour autant d’appréhension, de jugement et d’interprétation, ne plaide pas en faveur d’une réputation sans tache pour différentes parties prenantes.

Définie comme le fait de solliciter, d’offrir, de donner ou d’accepter une commission illicite en échange d’une action qui affecte le comportement ou l’exercice normal de la fonction du bénéficiaire, il est cependant difficile de dire si la corruption est plus ou moins présente que par le passé. Les nouvelles technologies de communication, telles que les réseaux sociaux, font que les actes de corruption sont aujourd’hui de plus en plus dénoncés dans un monde où l’argent est devenu pratiquement maître absolu. Les langues se délient et les révélations se succèdent pour dénoncer des comportements complètement déviants…

Nous savons que certains secteurs et certains métiers provoquent les tentations et attirent les personnes malhonnêtes. Tout, ou presque, est sujet à des pratiques douteuses. Il faut dire que tant qu’il y a de l’argent sur et sous la table, la corruption tourne à plein régime.

Le porte-parole de la Garde nationale confirme l’affaire d’un capitaine de la Garde nationale, en patrouille près de la ville de Kairouan, ayant accepté un pot-de-vin d’une femme pour abandonner le PV qu’il devait lui dresser pour infraction routière. Il assure que le capitaine en question a été suspendu et fait l’objet d’une enquête et d’une audition à l’inspection de la Garde nationale, en attendant ce que décidera le parquet à son encontre.

Encore un acte de malversation et de perversion qui ternit, de toute évidence, l’image du pays. Mais dans un contexte pas toujours linéaire et dans une ambiance orientée souvent vers la diabolisation, seuls les actes peuvent-ils définir les responsabilités ?

L’agent de sécurité, tous grades confondus, reste, en dépit de tout, un élément essentiel dans le respect de la loi et dans le maintien de l’ordre. C’est pourquoi cibler toute une activité bien particulière, comme celle liée aux forces de l’ordre, revient à cibler toute une profession. L’ennui est de faire comprendre aux polémistes, qui n’ont toujours aucune envie de comprendre, qu’on ne peut, qu’on ne doit pas mettre tout le monde dans le même sac.

Comme dans tous les secteurs, il y a de bons, mais sans doute aussi de mauvais intervenants. Mais les bons plus que les mauvais. Et cela nous n’avons pas besoin de le rappeler. Seulement, l’heure est venue de se poser de bonnes questions sur la corruption et la lutte contre ce fléau. A-t-on ou non le droit d’enregistrer et de filmer n’importe quel acte de dépassement et de dérèglement ? Les vidéos postées sur les réseaux sociaux peuvent-elles servir de pièces à conviction ? Les réseaux sociaux, amis ou ennemis ?

Faute de pouvoir reposer sur une observation objective, les a-priori restent toujours éternels. Et les débats continueront d’alimenter les polémiques.

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