Sans doute pas au football tunisien, mais à des règlements de compte par institutions interposées.

Pour évoquer une situation qui se dégrade, notamment au niveau moral, on a tendance à parler de nivellement par le bas. Ce que vit actuellement le football tunisien à 46 jours du coup d’envoi de la Coupe du monde du Qatar est plus qu’honteux. Le pire dans tout ce qui se passe, c’est qu’à la base, c’est un règlement de compte entre personnes par institutions interposées.

Citer les personnes n’apporterait rien. Elles se reconnaîtront et devront se rendre à la raison, laisser leurs différends personnels à côté et se comporter en premiers responsables d’un football tunisien qu’ils mènent eux-mêmes à la dérive.

Prendre de la distance

Avec tout ce qui se passe aussi bien dans les coulisses qu’en public autour du football tunisien, il est clair qu’on ne peut plus descendre plus bas et qu’il est important que chacun se tienne à son rôle et assume ses responsabilités. Si chaque responsable avait fait son boulot en toute équité, on n’en serait pas là.

Commençons par le haut de l’échelle. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, qui représente l’Etat tunisien, doit être au-dessus du lot et à égale distance de tout le monde. Par ailleurs, la tutelle n’a pas à interférer directement dans les affaires du football tunisien au risque de se trouver dans une situation d’ingérence politique, ce qui est contraire aux règlements de la Fifa et, par conséquent, mettrait en danger la participation de l’équipe de Tunisie au Mondial qatari.

Bref, le ministre doit être impartial. Il est censé prendre de la hauteur et ne pas s’immiscer directement dans les affaires du football.

Cinq clubs dans la tourmente

Pour la seconde saison d’affilée, le CS Chebba se trouve au centre d’une affaire litigieuse portée devant le TAS. A la base, c’est une vieille querelle qui date de plus d’un an opposant le président de la FTF au président du Croissant Sportif Chebbien. Aujourd’hui, le Club Africain se trouve mêlé dans une affaire qui ne le concerne ni de près, ni de loin, et ce, à cause du comportement de son président.

L’Etoile Sportive de Métlaoui, qui refuse de jouer les barrages, se trouve aussi mêlée dans une affaire qui ne la concerne pas non plus. Le club est censé assurer son maintien, mais la FTF exige de lui faire jouer les barrages, car il faut bien trouver une issue juridique et sportive pour que le compte soit bon, dans les deux poules. Cela est en rapport avec une autre affaire, celle des soupçons de matches truqués.  Une affaire louche qui tourmente notre championnat depuis la fin de l’exercice écoulé.

L’ES Métlaoui refuse toujours d’affronter le vainqueur du match barrage pour une place dans le Groupe B, opposant le CSHL à l’ESZ et que la FTF a désigné pour ce samedi, à huis clos.

Bref, cinq clubs sont dans la tourmente pour des raisons aussi honteuses les unes que les autres.

Dépassionner les débats

La cause principale de toute cette gabegie : une instance fédérale incapable de dépassionner les débats à cause de son président qui fait tout à sa guise et qui rapporte tout à sa personne. Quant aux dirigeants des clubs, il est temps qu’ils assument leurs responsabilités. Car il est temps de dépassionner les débats pour que le football tunisien reprenne un cours normal et, surtout, une ambition saine.

Car la gabegie actuelle ne fait qu’envenimer la situation. Elle ne profite qu’à ceux qui l’alimentent pour servir leurs petites personnes. Or, tous les acteurs du football tunisien n’ont rien à cirer, justement, de leurs petites personnes. Ce qui nous intéresse tous, c’est que le football tunisien retrouve son aura d’antan. Le sport en général et le football en particulier sont censés être gérés dans un cadre institutionnel que ce soit par la tutelle ou les fédérations respectives, et ce, dans le respect des règlements nationaux et internationaux en vigueur.

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