C’est à Alger, dans le jardin des Oliviers, que dix artistes ont été invités à « déposer leurs rêves, leurs espoirs, leurs angoisses, leurs talents »…

En fait, il fallait peut-être être une femme pour vouloir créer cette passerelle : elles, plus que tout autre, savent rassembler, unir, dégager les points communs et ignorer les différences.

Halima Gouyette, épouse de l’ambassadeur de France en Algérie, qui fut il y a quelques années en poste en Tunisie, a fait de son jardin cette passerelle offerte aux artistes algériens et méditerranéens. La chose est assez rare dans nos contrées où les chancelleries étrangères sont, le plus souvent, barricadées derrière des barbelés, pour être saluée.

Souvenons- nous qu’une expérience semblable avait déjà eu lieu à Dar Kamilia il y a quelques années. Mais au fait, n’était-ce pas du temps où les Gouyette étaient en poste en Tunisie ?  Les jardins avaient été ouverts au public pour une exposition de sculptures, et on avait pu noter l’engouement et le respect du public pour ces espaces généralement interdits.

Aujourd’hui, c’est à Alger, dans le jardin des Oliviers, que dix artistes ont été invités à « déposer leurs rêves, leurs espoirs, leurs angoisses, leurs talents ».

« Passerelles », le titre de l’exposition, était moins un thème imposé qu’un fil conducteur proposé : Passerelles était le relais à découvrir entre le créateur et son public, le créateur et son environnement, le créateur et les autres artistes. Un enchevêtrement de passerelles, en fait, qui balisent une promenade artistique dans un lieu souvent fantasmé par le passant.

Dans le magnifique écrin qui leur fut offert, au milieu des silhouettes des oliviers et des eucalyptus géants, d’autres formes modelées par des humains se glissent, s’intègrent, ou se fondent.

Des dix plasticiens présents, réunis par la commissaire photographe poète, Marianne Catzaras, nous évoquerons, d’une manière tout à fait artisto-chauvine, ceux venus de Tunisie :

Feryel Lakhdar dont l’imagination, l’humour décalé et la virtuosité ne cesseront d’étonner. Elle s’attaque cette fois-ci à un des symboles les plus masculins de l’Histoire : la statue équestre. Son amazone pop, cavalière improbable, s’accroche tant bien que mal à un cheval cabré et apparemment réticent. Car il est difficile pour les femmes de repousser les limites et d’accéder à  cette place sur ce cheval qui l’élèvera au rang de mythe.

Le second artiste parti de Tunis pour exposer à Alger est irakien : Mohamed Ghassan présente son minotaure comme palliatif à l’anxiété en terre étrangère. La société animale ignore l’aliénation, fût-elle politique ou économique, et diffuse sérénité et tranquillité.

La promenade à travers ces différents imaginaires, ces propositions esthétiques différentes, est une main tendue vers le public, une passerelle offerte à partager ces univers.

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